“Bruxellois, maître chez toi”. Non, ce n’est pas le slogan imaginé par la Région bruxelloise pour vendre son projet de taxe kilométrique. Il s’agit d’un vieux slogan du FDF, le parti dont est issu Défi, dans le cadre d’une campagne électorale des années 1970.

C’est l’essence même du régionalisme qui a guidé la politique belge depuis un demi-siècle : tant la Flandre que Bruxelles ou la Wallonie ont souhaité prendre leur destin en mains pour un maximum de compétences.

Dans ce but, le pays a connu six réformes de l’État qui ont sans cesse donné plus de pouvoir aux régions. En revanche, pas grand-chose n’a été prévu pour arbitrer les conflits d’intérêts qui pourraient naître entre les différentes institutions.

On en arrive à une situation où chaque gouvernement peut décider à quelle vitesse on roule sur son territoire – 30 km/h bientôt en région bruxelloise – et même de faire payer un droit de passage aux “étrangers” à la cité, tout comme au Moyen Âge, il fallait acquitter un “octroi” à la barrière marquant l’entrée de la ville.

Cette situation peut prêter au rire ou à la colère mais elle n’est pas tombée du ciel. Elle est l’aboutissement du détricotage de la Belgique tel qu’il se poursuit sans relâche dans l’indifférence générale.

Le résultat est qu’aujourd’hui, Flamands et Wallons voient dans la capitale un lieu de travail et parfois un but de promenade lors des grandes occasions comme le défilé du 21 juillet.

De même, Wallons et Bruxellois ignorent superbement ce qui se passe en Flandre dont ils ne connaîtront bientôt plus que la mer du Nord.

Et ce n’est pas fini puisqu’on nous annonce une 7e réforme de l’État d’ici quelques années !