18 km aux trousses des tueurs

Faits divers

Gilbert Dupont

Publié le

18 km aux trousses des tueurs
© Vanzeveren

"Ils ressemblaient à Mendez et Bouhouche" , maintient, exactement 25 ans après, le gendarme blessé de 72 plombs

WAVRE Selon nos infos, Bernard Sartillot, interrogé 19 ans après les faits sur la première tuerie attribuée aux tueurs du Brabant wallon, l'attaque de l'armurerie Dekaize à Wavre le 30 septembre 1982, dont c'est le 25e anniversaire, Sartillot a maintenu que l'individu qui avait tiré sur lui "ressemblait à Juan Mendez".

Bernard Sartillot, alors gendarme à la BSR de Wavre, a survécu par miracle à la première d'une longue série de fusillades et hold-up sanglants attribués aux tueurs du Brabant, 28 morts jusqu'en novembre 1985, tous restés impunis.

Les tueries ont ce week-end un quart de siècle. Il y a dimanche 25 ans que l'armurier de Wavre Daniel Dekaize était braqué par trois hommes, et qu'un policier de 33 ans qui s'était mis sur leur route, Claude Haulotte, était abattu par eux et achevé d'une balle dans la nuque. Avec des risques frisant l'inconscience, deux gendarmes dans une petite Renault 4L de la BSR, Roland Campinne et son collègue Bernard Sartillot au volant, allaient poursuivre la voiture VW Santana des auteurs jusqu'à Hoeilaert.

Vingt ans plus tard, Sartillot, retraité depuis 1996 de la gendarmerie, cite le nom de Mendez comme ressemblant au convoyeur de la Santana qu'il a poursuivie pendant 18 km, et affirme que son collègue Campinne n'a cessé de dire jusqu'à son décès - au début des années 1990 - que le comparse à l'arrière de la Santana ressemblait à Madani Bouhouche.

À 65 ans, Bernard Sartillot n'a pas changé d'avis. "Mon témoignage date de 1988. Lorsque M. Mendez a été assassiné, sa photo a été montrée à la télévision. J'ai immédiatement réagi. On m'a demandé si j'avais changé d'avis. Ma réponse est non. Bien sûr, on ne peut jamais être sûr à 100 % mais de toutes les photos montrées (en 20 ans), Mendez est celui dont la physionomie ressemble le plus. "

Bernard Sartillot ajoute ce détail, qui a son importance : "Quand mon collègue Campinne citait Bouhouche avec des cheveux longs dans la nuque, il faut savoir qu'il le connaissait pour l'avoir croisé à la gendarmerie de Bruxelles. Nous étions gendarmes à Wavre, il était gendarme à Bruxelles. Il existait des contacts".

Bernard Sartillot, interrogé avant-hier : "Je reste persuadé que les tueurs avaient des connivences à l'intérieur, on ne me fera pas dire le contraire. Quand vous me demandez comment il est possible que des gens aient fait 28 victimes et n'aient jamais été attrapés, je réponds que poser la question, c'est déjà y répondre. Je trouve des confirmations jusque dans le choix de l'heure des raids sur les Delhaize, juste après 19 h, qui correspondait aux changements de service dans les unités de gendarmerie, forcément le moment où nous étions le plus vulnérables".

Cet homme devait mourir. Depuis 25 ans, Bernard Sartillot vit avec 72 gros plombs pour la chasse au gibier dans la chair. Ces 72 chevrotines lui ont valu 15 % d'invalidité et une citation à l'ordre de la gendarmerie.



© La Dernière Heure 2007

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