Un train fou sème la mort

André Jacques
Un train fou sème la mort
©Didier Bauweraerts

Nouveau drame du rail sur la ligne entre Leuven et Louvain-la-Neuve

PÉCROT Personne n’oubliera jamais la journée du 27 mars 2001 dans le petit village de Pécrot. L’accident qui s’y est produit vers 8 h 50 sur la ligne 132 Louvain - Ottignies a été sans appel. Le bilan humain évoqué est lourd, trop lourd. S’y joint le nombre de blessés : neuf dont trois sont dans un état très grave. L’accident a impliqué deux trains de voyageurs dont un roulait à vide et retournait vers Louvain après son déplacement de l’aller.
Que s’est-il passé dans la tête du machiniste? La question restera sans doute à jamais posée. Peu après la gare de Wavre, il n’a pas bifurqué vers la voie B qui devait le ramener à Louvain. Il a continué sur la voie A réservée à la circulation venant de Louvain. Il a brûlé un feu rouge, ce qui n’a pas échappé au responsable de la signalisation de Wavre, qui a immédiatement avisé le dispatching central de la SNCB. Celui-ci a coupé l’électricité sur la voie pour freiner la vitesse du train fou qui a poursuivi sur sa lancée sans que son conducteur se rende apparemment compte de quoi que ce soit. Il a effectué un parcours de 8 kilomètres, passant une dizaine de passages à niveau qui n’ont pas fonctionné puisqu’il roulait à contresens. Il s’est alors trouvé en face de l’autre train qui transportait quelque 80 passagers.
Le choc a été d’une violence telle que les motrices des deux convois se sont littéralement enchevêtrées l’une dans l’autre, la seconde voiture du train tamponneur escaladant sa propre motrice.
C’est une véritable explosion qui s’est produite puisque le choc a propulsé des débris dans tous les sens. Un essieu s’est retrouvé dans la petite rue Jules Hoslet en contrebas de la voie et la porte coulissante d’une voiture a été projetée dans l’allée de garage d’une maison.
Des morceaux de verre et de pièces métalliques, des ressorts et bien d’autres éléments mécaniques ont jonché le sol.
Après que le silence fût revenu, l’ampleur du désastre était visible et également audible. Les cris de panique et de douleurs sortaient de ce qui ne ressemblait plus qu’à un amas de ferrailles. Les passagers survivants sont sortis de cet enfer par tous les moyens possibles. Une habitante qui a assisté à de sa fenêtre à la collision, a averti les secours. Les riverains se sont portés à leur aide avec des échelles pour les aider à sortir de là. Ils ont cassé des vitres à l’aide de marteaux pour provoquer des échappatoires.
D’importants moyens de secours ont été dépêchés sur place, venant de Wavre, de Braine-l’Alleud, de Jodoigne, de Nivelles, de La Hulpe et de Louvain. Les ambulances ont afflué en nombre tandis que les pompiers de Wavre sont intervenus avec leur grande échelle pour aller chercher les victimes.
La police fédérale et la protection civile sont également descendues pour sécuriser les lieux et écarter les badauds. Le gouverneur du Brabant wallon, Emmanuel Hendrickx, a déclenché la phase 3 du plan provincial catastrophe.
Un centre de crise a été installé dans l’Hôtel du gouverneur à Wavre et les passagers rescapés ont été recueillis dans un centre d’accueil installé non loin des lieux du drame dans un bâtiment de la protection civile à Florival. Ils y ont été pris en charge par des psychologues. Quant aux blessés, ils ont été stabilisés sur place par les équipes de médecins avant d’être conduits vers les cliniques d’Ottignies et de Louvain.
Très rapidement, sept corps sans vie ont pu être localisés dans les restes des trains à savoir les deux machinistes, deux convoyeuses et 3 passagers. Plus tard, avec l’aide du DVI, cellule policière de recherche des victimes des catastrophes, deux autres corps dont celui d’un enfant de 9 ans qui était porté disparu, ont pu être déterminés.
Vers 13 h, le Roi et la Reine sont arrivés sur les lieux de l’accident. Ils étaient accompagnés des ministres fédéraux Reynders, Durant et Flahaut. Le premier ministre Guy Verhoofstadt les avait précédés de quelques heures. Les hauts responsables, MM. Schouppe et Damar, se sont également déplacés à Pécrot. Ils se sont associés à la douleur des famille tout comme Isabelle Durant. Ils ont également annoncé qu’ils allaient prendre des moyens non négligeables pour sécuriser davantage le chemin de fer afin d’éviter qu’un nouveau drame comme celui de Pécrot se produise. Encore que, a dit M. Damar, celui que nous venons de vivre est du ressort d’un tout autre problème. Du conducteur qui a provoqué l’accident, il n’a rien pu dire. Il a seulement rappelé que la formation de machiniste à la SNCB est très poussée et difficile. Seuls des gens hyper qualifiés en sortent.
A noter enfin qu’il est demandé à tous les passagers du train accidenté, qui ne se seraient pas encore fait connaître, de bien vouloir contacter d'urgence la Police Fédérale de Wavre via le numéro gratuit 0800/90.110 Les autres témoins de cet accident sont également invités à se manifester en composant le même numéro de téléphone.

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