Un assassinat de 1994 aux assises de Mons

G. M.

D. Crespan-Bianchin répondra de la mort de son ami, Pierre Maus

MONS Didier Crespan-Bianchin a 33 ans. Ce lundi, devant les assises du Hainaut présidées par M. Olivier Delmarche, il répondra le l'assassinat de son ami Pierre Maus, 41 ans, retrouvé mort chez lui à Ronquières, une balle de pistolet 9mm dans la tête... le 27 mai 1994! Si ce procès, fort attendu à Mons, n'a lieu que presque 8 ans après les faits, c'est que Crespan-Bianchin ne possède pas de domicile fixe; natif de Nivelles, on sait seulement qu'il est instance d'inscription à Sauvenières, en région namuroise. Placé sous mandat d'arrêt le 3 juin 1994, il avait été remis en liberté provisoire le 5 janvier 1996. L'homme a fui... et n'a été retrouvé que le 13 juillet 2001.

Enfin, son procès allait pouvoir s'organiser!

A lire l'acte d'accusation de l'avocat général M. Michaux, c'est l'épouse de Pierre Maus qui découvre son cadavre à la maison conjugale de Ronquières le 27 mai 1994. Le crime a été commis entre 17 h 22 et 18 h 18. La présence du pistolet à ses côtés laisse présumer un suicide. Mais l'absence de douille, fait immédiatement penser aux enquêteurs qu'il s'agit d'un crime! L'enquête s'oriente rapidement vers la personne de Didier Crespan-Bianchin.

Justement, le suspect avait acheté à son ami défunt une Jaguar et un luxueux collier de perles. Mais Crespan-Bianchin n'avait jamais réglé sa créance de 2.410.000 FB! Au point que M. Maus avait contacté son avocat; il avait porté plainte contre son créancier. Crespan-Bianchin avait fini par lui signer une reconnaissance de dette. Il devait payer le 26 mai. Le jour prévu, l'accusé avait téléphoné à son ami en lui disant qu'il allait payer le lendemain.

Futé, Crespan-Bianchin s'était organisé un alibi apparemment en béton: le 27 mai, il y avait un match de tennis à Roland-Garros... et il s'était procuré deux billets, justement déchirés. Et après le match, l'homme téléphonait à son épouse et à sa maîtresse, en leur signalant à toutes les deux, qu'après le match, il était empêché!

Mais voilà: les enquêteurs ont pu démontrer que les billets, déchirés, n'avaient, en fait, jamais été présentés à l'entrée du stade!

Crespan-Bianchin ne s'est pourtant pas laissé démonter. Il a fourni au moins trois versions aux enquêteurs. Dans chacune d'elles, il explique avoir réglé sa dette avec son ami créancier, soit en matinée, soit à la mi-journée. Il a présenté plusieurs alibis pour l'heure du crime. Il a même fait signer un reçu à sa victime, comme quoi la dette était réglée! En tout cas, M. Maus appelait son avocat ce jour-là à midi... pour lui signaler son imminent remboursement.

Le procès durera cinq journées. Crespan-Bianchin sera défendu par Mes Jean-Philippe Rivière et Fabien Dufrane. Mes Cédric et Eric Vergauwen défendront la famille Maus portée partie civile.

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