Nihoul échappe à la cour d'assises

Nihoul échappe à la cour d'assises
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Par contre, Dutroux, Martin et Lelièvre y répondront de leurs actes

NEUFCHATEAU La chambre du conseil de Neufchâteau a donc décidé ce vendredi de renvoyer trois personnes devant la cour d'assises: Marc Dutroux, Michèle Martin et Michel Lelièvre. Elle a prononcé un non-lieu pour Michel Nihoul pour les faits d'enlèvements d'enfants. Dans son ordonnance, la chambre du conseil de Neufchâteau a décidé de renvoyer le dossier de trafic de drogue, dans lequel Michel Nihoul est impliqué, vers le procureur du roi de Bruxelles. Ces faits ont en effet été commis dans cet arrondissement judiciaire.

Le conseil de Michel Nihoul, Me Frédéric Clément de Clety, a déclaré qu'il était satifsait par l'ordonnance, même s'il s'agit d'une "satisfaction amère" après 6 longues années d'enquête. Pour lui, la décision de la chambre du conseil "remet les choses à leur place". Me De Clety précise qu'il envisage difficilement que la cour d'appel aille à l'encontre de cette ordonnance. Il s'est dit "confiant et serein".

Concernant Michel Lelièvre, la chambre du conseil n'a pas retenu les faits liés à l'enlèvement de Julie et Melissa. Me Georges-Henri Beauthier, avocat de Laetitia Delhez, enlevée adolescente à Bertrix et libérée par les enquêteurs dans une cache de Dutroux, a indiqué que sa cliente allait en appel de cette ordonnance. A l'issue de la lecture de l'ordonnance, Laetitia Delhez était en larmes. Me Olivier Slusny, conseil de Michel Lelièvre, a quant à lui qualifié l'ordonnance de "très bien motivée et non critiquable. Le président ne retient pas les faits qui sont niés par mon client, à l'exception d'un viol sur An ou Eefje", a-t-il souligné.

Pour le président de la chambre du conseil, Francis Moinet, il n'existe donc aucune charge suffisante contre Michel Nihoul dans le dossier pédophilie. Concernant le trafic de drogue, la chambre du conseil a estimé que le tribunal de Neufchâteau n'était pas territorialement compétent pour juger cet aspect du dossier et la renvoyer devant le procureur du Roi de Bruxelles, qui devra statuer sur un éventuel renvoi devant un tribunal.

La plupart des préventions retenues dans le réquisitoire ont été retenues par le président Moinet. Michel Lelièvre n'a cependant pas été renvoyé pour le dossier Julie et Mélissa. Concernant l'aspect du dossier concernant les trois gendarmes, Lesage, Michaux et Martin, la chambre du conseil l'a disjoint et l'a renvoyé à l'instruction. Une nouvelle constitution de partie civile a en effet été déposée contre l'enquêteur Dany Lamoque et le parquet devra inscrire ce nouvel aspect du dossier.

Plusieurs parties civiles en appel

Me Georges-Henri Beauthier, avocat de Laetitia Delhez, enlevée adolescente à Bertrix et libérée par les enquêteurs dans une cache de Dutroux, a indiqué que sa cliente allait en appel de cette ordonnance. Il a affirmé que sa cliente, Laetitia Delhez, s'était effondrée en larmes lorsqu'elle avait appris la décision et l'avait chargé d'interjeter appel. "Pour la chambre du conseil, c'est une coïncidence s'il y a une remise de pilules d'ecstasy à la veille de l'enlèvement de Laetitia. Il a fallu 7 ans pour renvoyer trois personnes qui sont en aveux", a-t-il regretté. Paul Marchal, père d'An, a indiqué qu'il irait également en appel. Jean Lambrecks, père d'Eefje, n'ira lui pas en appel.

Me Victor Hissel, conseil de la famille Marchal, avait demandé le renvoi devant les assises de 17 personnes, dont 12 des 13 inculpés. La chambre du conseil a décidé le renvoi de ces cinq personnes non-inculpées vers le dossier bis pour un éventuel complément d'enquête. "L'ordonnance contient en effet certains points positifs mais elle ne nous satisfait évidemment pas, notamment en ce qui concerne Michel Nihoul. Nous allons donc interjetter appel", a-t-il noté.

Me Jean-Philippe Rivière, le conseil de Sabine Dardenne, a annoncé qu'il n'interjetterait pas appel. "Ma cliente a toujours dit que, pendant sa séquestration, elle n'avait jamais vu que Marc Dutroux", a-t-il rappelé. En écartant la thèse des réseaux, le président Francis Moinet donne donc raison à la jeune fille. "L'ordonnance est conforme à la réalité concernant la cliente. Elle a été enlevée, séquestrée, violée et torturée et souffrira d'une incapacité permanente. Mais l'ordonnance donne raison au témoignage d'une petite fille de 12 ans et demi", a remarqué Me Rivière.

Jean-Denis Lejeune a manifesté son étonnement. "Je suis surpris que Michel Nihoul ne soit pas renvoyé mais la justice a rendu sa décision. Il ne faut cependant s'affoler maintenant car le dossier sera quand même réexaminé par la cour d'appel", a-t-il souligné. Les familles Lejeune et Russo, qui ne sont pas défendues par des avocats, ont déclaré qu'elles n'interjeteraient pas appel mais qu'elles seraient présentes devant la chambre des mises en accusation de Liège.

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