Ligoté par ses employeurs

Emmanuelle Praet


Après avoir fait venir un huissier pour constater les vols dans la caisse, les patrons ont perdu les pédales

BRUXELLES Tel fut pris qui croyait prendre... C'est sans doute la morale à tirer de la mésaventure vécue par un employé peu scrupuleux qui volait dans la caisse de ses patrons.

Depuis quelque temps, trois Turcs tenant un magasin, rue de Brabant, se sont mis à douter de l'intégrité de l'un de leurs employés.

Pour le trio, il n'y avait aucun doute: il volait dans la caisse. Les patrons ont donc décidé de le prouver: ils ont fait installer des caméras de surveillance dans la boutique. Leurs soupçons se sont vite confirmés.

Au lieu d'en aviser la police, ils ont alors fait venir un huissier de justice. Ils l'ont installé devant les caméras toutes neuves. Tout au long de la journée, il a été prié de faire un rapport de ce qu'il constatait: des vols répétés de l'employé qui se servait dans la caisse.

L'huissier parti, les patrons ont pris à part leur employé. Ils l'ont fait asseoir sur une chaise. Là, ils ont eu ce qu'ils appellent une conversation amicale avec l'intéressé. Mais devant l'attitude de l'employé qui, malgré les évidences, a refusé d'avouer, ils ont perdu leur sang-froid.

Le fait qu'il jure de son innocence sur le Coran n'a guère arrangé les choses. Ses employeurs ont donc décidé de passer à l'étape supérieure: le ligoter! Comme cela ne suffisait toujours pas à le faire avouer, ils lui ont flanqué des coups de pied et de poing. Ce fut sans effet. Dépités, les employeurs, qui se sont demandés jusqu'où ils devaient aller, ont quitté le magasin qui était déjà fermé depuis bien longtemps. Ils ont laissé croupir leur victime dans la pièce, toujours attaché à la chaise.

Au bout d'un moment, l'employé a réussi à défaire ses liens, a défoncé une porte et brisé une fenêtre. Libre, il s'est immédiatement rendu à la police. Une patrouille s'est rendue avec lui au magasin afin de vérifier ses dires. Les liens qui se trouvaient encore à la chaise, la fenêtre cassée, n'ont pu que corroborer sa version.

Rapidement, deux des trois patrons ont été arrêtés. L'un d'entre eux est en aveux. Il a expliqué que cela avait été plus fort que lui. Il ne supportait pas les mensonges de son employé. Tous les deux ont été placés sous mandat d'arrêt.

En ce qui concerne les vols, l'employé n'a pas été inquiété. Pas de plainte, pas de délit...

© La Dernière Heure 2003

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be