Otages pendant 2 heures

Ingrid Otto


Les derniers clients d'une salle de jeux agressés par trois malfrats

WELKENRAEDT Une trace de sang séché barre le front de Willy Schyns, entre les deux yeux. C'est là - notamment - que le canon d'une arme l'a frappé violemment, ce lundi vers 3 h du matin alors qu'avec un autre client, il quittait la salle Joker Games à Welkenraedt.

«En arrivant à ma voiture stationnée sur le parking à l'arrière du bâtiment, j'ai voulu glisser la clé dans la serrure quand un type armé d'un genre de fusil à pompe a surgi, me demandant de rester tranquille...»

L'autre client subissait de son côté le même sort avec un second individu également encagoulé, tandis qu'un troisième faisait le guet.

«On était les derniers clients», poursuit M. Schyns. «Ils ont dû penser que nous étions les gérants ou, au moins, des membres du personnel parce qu'ils nous ont demandé la clé pour entrer.» Les deux hommes ne l'avaient évidemment pas et, l'ayant expliqué aux truands, se faisaient couvrir de coups. «Ils ne nous croyaient pas, ils insistaient et devenaient de plus en plus agressifs...»

Alors ils faisaient monter leurs victimes à l'arrière de l'Audi de Willy, et l'un d'eux se postait à leurs côtés. «Ils nous ont obligés à regarder vers le sol... mais j'ai pu voir qu'on prenait l'autoroute. Pas longtemps: ils ont rapidement emprunté un petit chemin, où ils se sont arrêtés. Là, ils nous ont fait sortir, nous ont fouillés et ont pris tout ce qu'on avait dans nos poches: un peu d'argent, des clés, des cartes de crédit. Et ils ont exigé qu'on leur donne les codes...»

La mitraillette sur le front

Réembarqués dans la voiture - mais cette fois dans le coffre - les malheureux étaient ramenés au point de départ: sur le parking de la salle de jeux. «Ils ont ouvert le coffre, redemandé les clés et, comme bien sûr, je répondais une nouvelle fois par la négative, ils m'ont frappé avec le canon de la mitraillette sur le front, ont refermé le coffre et sont repartis.»

D'arrêts-menaces - «On va te buter, te faire brûler avec ta voiture»- en courses folles, l'enfer des deux hommes a duré près de deux heures. «Après avoir roulé pendant bien longtemps à une vitesse énorme - je sentais les coups de frein, les bosses, c'était loin d'être agréable... - ils se sont enfin arrêtés.» L'Audi était arrivée à Liège, sur le boulevard des Hauteurs, dans un petit sentier. «Ils sont partis, on a pu sortir de la voiture. On ne les a plus vus...»

Et si Willy semble avoir bien supporté l'agression, tant physiquement que moralement, son compagnon d'infortune a été hospitalisé en état de choc. «En tout cas, maintenant, je me contenterai de jouer au Subito... !»

© La Dernière Heure 2003

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