R'Bati rejette ses torts

Ph. Bt


Cour d'assises: le président ne mâche pas ses mots envers l'accusé

BRUXELLES Hier, la cour d'assises de Bruxelles a ouvert le procès R'Bati. Yusef R'Bati, 29 ans, est accusé d'avoir assassiné Onofré Santiago Bustos Nunez, un jeune Equatorien de 15 ans.

Le drame s'est déroulé le 16 août 2001 sur la place Morichar, à Saint-Gilles. Ce jour-là, Santiago discute avec des amis. Au même moment, sur le parvis de Saint-Gilles, Yusef R'Bati apprend que son frère a été agressé place Morichar par un groupe d'Equatoriens. Il décide de s'y rendre... pour se venger.

Arrivé sur place, il aperçoit le groupe de jeunes où se trouve Santiago. Sans hésiter, il s'approche de lui et lui tranche la gorge. L'ambulance de réanimation arrive un peu plus tard. Santiago vit encore. Il est conscient mais il s'étouffe dans son sang qui gicle par une des carotides. Les secouristes font tout ce qu'ils peuvent pour le sauver. En vain. Il décède finalement sur place.

L'enquête sera ensuite brillamment menée par les policiers.

Après avoir recueilli les témoignages des personnes se trouvant sur place et retrouvé l'arme du crime, les enquêteurs apprennent qu'un certain Moustapha R'Bati s'est présenté à l'hôpital d'Ixelles. Il prétend avoir été agressé. Les enquêteurs font le lien et retrouvent Yusef R'Bati. Ce dernier nie d'abord les faits. Mais lors de sa troisième audition, devant le juge d'instruction, il passe aux aveux.

Hier, le président a procédé à l'interrogatoire de l'accusé. Il lui a notamment rappelé qu'il avait déjà été condamné à une peine de deux ans de prison dont la moitié avec sursis pour avoir fait partie d'une bande qui vendait du haschich à Saint-Gilles. «J'ai été condamné à tort», a rétorqué l'accusé.

Le président a poursuivi en disant qu'il était sans doute au mauvais endroit, au mauvais moment. Comme c'était d'ailleurs le cas pour le malheureux Santiago.

L'accusé a expliqué qu'il avait appris que son petit frère venait de se faire agresser. Il a décidé de se rendre sur place. «Vous avez pris l'initiative de faire votre propre justice en infligeant votre propre sanction sans avoir pris connaissance de l'état de santé de votre frère», a ajouté le président. Le magistrat a demandé ce qu'il avait amené à prendre un couteau. «Les circonstances», a répondu R'Bati. Le président a rétorqué par la négative en précisant à l'accusé qu'il ne devait pas chercher les causes du drame ailleurs mais que c'était ses propres responsabilités. «Qui tenait ce couteau?», a encore demandé le président. «C'était moi», a répondu Yusef R'Bati.

Yusef R'Bati est accusé d'avoir volontairement, avec intention de donner la mort, commis un homicide sur Santiago. Et cela, simplement parce que son frère avait été agressé et qu'il voulait le venger... à n'importe quel prix.

© La Dernière Heure 2003

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