Une tornade sur Le Roeulx

Sophie Potie

En l'espace de quelques secondes, le vent a ravagé plusieurs quartiers de la cité

LE ROEULX Le mur du château des princes de Croy couché sur la chaussée de Soignies annonce la couleur. «Tout a été très vite! Comme dans les films. Il était 14 h quand le ciel est devenu inquiétant. Un vent énorme s'est levé. Puis, il y a eu un bruit terrible et sourd. Ça n'a duré que quelques secondes. Les arbres se pliaient en deux. C'était vraiment fou», explique Nathalie Charlier, devant sa maison de la rue de la Station.

Un quartier ravagé par la tornade qui a traversé la ville du Roeulx, située entre La Louvière et Soignies. La jeune femme dresse un rapide bilan mais relativise: «Ce n'est rien à côté de notre voisine d'en face...»

L'habitation à cheval sur le faubourg de Mignault est particulièrement touchée, ou plus précisément aspirée. La toiture a été arrachée, tout comme les fenêtres du premier étage. À l'arrière, les deux garages ont subi le même sort. Devant la scène, le désarroi est grand pour Hélène Dumont-Remy, habitant cette grande maison depuis 1946. «À 83 ans, je n'ai jamais rien connu d'aussi terrible. Dans mon malheur, j'ai eu de la chance de ne pas me trouver dans la maison au moment de la tornade. Qu'est-ce que j'aurais fait? C'est le sinistre total. Mais maintenant, est-ce que j'aurai la force?»

Heureusement, les ouvriers communaux du service des travaux tout proche sont déjà sur le terrain, en attendant l'arrivée des pompiers et de la protection civile.

Poursuivant sur le faubourg de Mignault, la scène est pareille. Sur les trottoirs, les conversations vont bon train. Chacun raconte son histoire ou celle du voisin.

Autour de la ferme Peeters, c'est la consternation. Les arbres menant à la bâtisse sont couchés, brisés ou garnis de plaques de tôles provenant d'habitations toutes proches. C'est un véritable cauchemar qu'ont vécu Sylvain et sa petite famille. «On ne savait pas quoi faire. En voyant le toit de l'étable s'envoler, on a cru que la maison allait y passer et on a pensé tout quitter. Tout a été très vite. Maintenant, l'heure est au bilan», explique le fermier, les larmes aux yeux. «Le bétail n'a pas été touché, juste quelques blessures. Aujourd'hui, nous sommes entourés mais après, on sera seul dans notre galère...»

© La Dernière Heure 2003


Surpris dans leur travail

LE ROEULX Avant de poursuivre sa route vers le village de Besonrieux et la gare autoroutière d'Houdeng-Goegnies, la tornade a surpris les travailleurs de la société Wasteels, faisant face aux entreprises de précision Colinet, pourtant relativement épargnée par la tempête. «Nous avons quelques dégâts sur la toiture mais rien de grave. C'est ce qui est surprenant! Par contre, nous avons là une poutre énorme, sans doute arrachée d'une maison située plus haut, au faubourg de Mignault. Ce qui ne nous empêchera pas de travailler!», explique le concierge de l'entreprise.

Dans les bureaux de Wasteels, notamment spécialisés dans la recherche en chimie, le choc n'est pas encore retombé. «Aujourd'hui, nous étions en congé de récupération du 1er novembre mais nous sommes venus achever un travail déjà entamé. Tout à coup, on a entendu le vent se lever mais on ne savait pas trop quoi faire, ni à quoi s'attendre exactement», explique une employée. Son collègue la coupe pour enchaîner: «On travaillait là, sous la verrière. On a tout juste eu le temps de se mettre à l'abri sous les chambranles de porte. Sans doute un bon réflexe puisque tout le faux plafond s'est écroulé, à l'endroit même où nous étions assis. Un grand bruit de ferraille... Nous avons vraiment eu beaucoup de chance!»

Le toit de la société n'existe plus. Tout s'est littéralement écroulé comme un château de cartes. «Heureusement, personne n'a été blessé. Maintenant, nous devons nous organiser pour la suite. À commencer par la nuit! Nous ne pouvons pas laisser les lieux sans surveillance. Nous avons quand même des dossiers importants. Qui va dormir ici?», lance l'employé. Autour de lui, tout le monde s'active, à gauche et à droite. On constate, on essaye tant bien que mal de dresser un bilan. Les dégâts seraient peut-être de 247.893 €. Peut-être plus.

Et puis surtout, on essaye de trouver des solutions pour les prochains jours. Certains parlent de la possibilité de louer des préfabriqués, en attendant...

© La Dernière Heure 2003

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