Plusieurs visites à Walibi

B. F.

L'enquête sur sa possible implication dans la mort de Laurence Mathues toujours en cours

ARLON Marc Dutroux est jugé aux assises pour six enlèvements d'enfants et d'adolescentes. Sans succès, le parquet avait demandé son renvoi pour bien d'autres faits, des tentatives de rapt notamment. Il apparaît aussi que Dutroux fait toujours figure de suspect dans d'autres enquêtes. Exemple avec celle que nous évoquions hier déjà et consacrée à la mort, en août 1992, de Laurence Mathues, une jobiste de Walibi retrouvée morte au bord d'une route à Fernelmont.

La juge d'instruction en charge du dossier, à la demande de l'avocat du père de Laurence, Me Snyers, a ordonné en juillet 2003 un devoir d'instruction complémentaire: une analyse ADN de Dutroux (et de deux autres personnes dont Claude Thirault) et sa comparaison avec les éléments dans le dossier de Laurence. Les résultats ne sont toujours pas connus. Dutroux n'a pas non plus été davantage interrogé dans cette affaire, les enquêteurs namurois attendant toujours le feu vert du procureur Bourlet. «Je regrette ces retards. Avec le procès, je présume que cette audition va être reportée de quatre mois encore», dit Me Snyers.

Quels sont les indices? Une analyse criminelle, réalisée dans le cadre de ce dossier Mathues par la police fédérale, révèle des éléments troublants. On sait ainsi que Dutroux et Martin ont été ensemble, sans doute plusieurs fois, à Walibi, plus exactement à l'Aqualibi. Ont-ils pu croiser la route de Laurence?

On sait aussi que Dutroux s'intéresse de près à l'enquête Mathues. Dans une lettre adressée au procureur Bourlet, il met en cause Claude Thirault (une autre jobiste de Walibi côtoyant Laurence est de sa famille) qui nie fermement. Il nous a d'ailleurs déclaré avoir un alibi vérifiable. Dutroux donne aussi des détails contenus dans le dossier Mathues. Il connaît ainsi les médicaments administrés à Laurence et qui ont causé sa mort. L'un de ces médicaments a été retrouvé chez Dutroux. A Fernelmont, des traces de roues relevées près du corps pourraient correspondre à une camionnette dans le genre de celle que possédait Dutroux.

Assez de questions pour poursuivre les recherches et les mener à bien, définitivement, demande l'avocat du papa de Laurence, lequel évoque depuis longtemps un possible scénario: celui de l'enlèvement raté de sa fille par Dutroux, une fille droguée par des médicaments qui l'auraient tuée.

© La Dernière Heure 2004

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