Les films scandaleux

M. Be

ARLON Lors de leurs perquisitions au domicile de Marc Dutroux, à Marcinelle, les enquêteurs saisissent un caméscope de marque Sony, avec tous ses accessoires. Dutroux l'a payé 42.300 anciens francs, il est en parfait état de marche.

D'emblée, ils remarquent un bricolage sur l'appareil: les témoins lumineux du caméscope ont été obturés par... du chewing gum. Le pervers a pensé à tout. «Selon Michelle Martin, a rapporté hier Lucien Masson, un des deux chefs d'enquête, Marc Dutroux pouvait ainsi filmer les jeunes filles à leur insu.» Et manifestement, il ne s'est pas privé.

En visionnant les cassettes vidéo, les enquêteurs assistent ainsi à une scène de viol, celui d'Eva Mackova. La jeune fille est endormie, Dutroux manipule la caméra, braque l'objectif sur le corps de la jeune Slovaque. Autre scène enregistrée par Dutroux: celle du viol de Yanka, la soeur d'Eva qu'il hébergeait avec Michelle Martin à Sars-la-Buissière. Dutroux a fixé la caméra sur un pied. Le viol est enregistré.

Un goût pour les poitrines des adolescentes

Autre victime de ce type de tournage, une autre Slovaque, Henrietta Palusova. Après l'avoir violée en 95 à la sortie d'un dancing, à Topolcany, Dutroux l'emmène dans sa camionnette. La jeune fille est filmée nue, allongée sur le dos. Sur un autre extrait, les enquêteurs visionnent une jeune tzigane, obligée de se déshabiller devant l'objectif.

Avec son caméscope, Dutroux sévit aussi sur les plages. «Il s'attardait particulièrement sur les poitrines des adolescentes, soulignera notamment Lucien Masson. Ce style semblait fort l'intéresser».

Et l'enquêteur d'enchaîner: «Nous avons aussi visionné trois cassettes où on le voit entretenir des relations sexuelles avec Michelle Martin.»

Très accessoirement, Dutroux se servira de sa caméra pour filmer un match de hockey en Slovaquie, sa maison de Marcinelle, son fils Andy sur un tricycle, l'anniversaire de sa fille Céline... Mais manifestement, ses préoccupations cinématographiques sont d'un autre ordre.

Enfin quand il ne filme pas, Dutroux va louer des cassettes, et il les recopie. Dans le lot, les enquêteurs tomberont ainsi sur des titres tels que Jurassic Park. Mais pour l'essentiel, il s'alimente en films, loués selon les enquêteurs à la Médiathèque de Charleroi, dont certains titres tels que Autostoppeuses à sodomiser ne laisse planer aucun doute sur le contenu.

© La Dernière Heure 2004

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