Réquisitoire contre la gendarmerie

M. Ka.
Réquisitoire contre la gendarmerie
©Demoulin

Me Magnée stigmatise l'opération Othello
et le rôle de Michaux

Trois pages exclusives sur la dernière ligne droite du procès dans la DH numérique

ARLON Avant la conclusion tonitruante de sa plaidoirie, Me Magnée a longuement abordé un point qui lui tient à coeur depuis son entrée dans le dossier, il y a huit mois: le rôle de la gendarmerie et sa fameuse opération Othello.

L'avocat a rappelé que dès le 7 juillet 1995, 15 jours après la disparition de Julie et Melissa, la gendarmerie avait des informations sur Marc Dutroux. Des informations qu'elle a gardées pour elle, qui ont débouché sur des réunions internes pour aboutir à la mise sur pied de l'opération Othello. Une opération d'observation de Marc Dutroux. Pendant de longues heures, le Posa de la gendarmerie a scruté les façades des maisons de Dutroux. «Dans le dossier de la juge Doutrèwe, jamais vous ne trouverez mention de ces informations de la gendarmerie», explique le bâtonnier. Mieux, «ce n'est qu'en 1997 que les premiers P.-V. de ces observations seront versés au dossier». Des P.-V. dans lesquels on voit que Dutroux rentre avec un tournevis ou Martin avec une botte de poireaux.

Ces observations sont vides, sans intérêt. En un mot, cette opération est stupide. En tout cas, elle le paraît et «si ce n'est pas stupide et que ça sert à quelque chose, ça sert à quoi?», poursuit l'avocat de Marc Dutroux.

En effet, selon lui, il n'y a pas d'informations sur Othello dans le système informatique du BCR de la gendarmerie. Pour Xavier Magnée c'est clair, le but de l'opération Othello, «c'est de rechercher les contacts et les buts du target qu'est Marc Dutroux et de l'arrêter en flagrant délit», sous-entendu de traite des êtres humains et d'enlèvements d'enfants bien entendu. L'opération Othello, «c'est un peu comme aller à la pêche. On a un fil très mince et si on casse le fil, on n'a plus rien».

Et le bâtonnier d'ajouter que « Othello a un chef, c'est Michaux!»

Michaux qui va perquisitionner la maison de Marcinelle à trois reprises et passer à trois reprises à côté de la cache. Michaux qui va entendre des voix dans la cave mais ne pas chercher d'où elles viennent. «Mais moi, à sa place, je ne sors pas de cette maison avant d'avoir démonté tous les murs, brique par brique».

Michaux qui prétend encore aujourd'hui avoir un secret qu'il n'a pas livré à la cour. «Un secret qui lui ferait perdre sa pension. Un secret qui lui attirerait la vengeance de son employeur. Son employeur, c'est l'Etat, Michaux serait donc dépositaire d'un secret d'Etat», poursuit le bâtonnier. «Peut-être le même secret que Marc Dutroux». Un secret derrière lequel se cache sans doute quelque chose qui ressemble à un réseau...

© La Dernière Heure 2004


«Le diable pas seul en enfer»

L'avocat bruxellois ressuscite la piste Abrasax


ARLON Lorsqu'il décrit le milieu polycriminel de Charleroi, l'avocat bruxellois n'y va pas avec le dos de la cuillère. Décrivant une région qui «a digéré un peuple dans les mines avant de dévorer nos filles. De Marcinelle à Sars-la-Buissière en passant par Jumet, on est en enfer. Mais en enfer, le diable n'est pas tout seul». Le ton est donné et la transition est facile pour aborder la piste Abrasax.

Au cours d'une perquisition chez Weinstein, les policiers ont trouvé une note griffonnée: «Bernard, n'oublie pas de lui rappeler que la fête approche et que nous attendons le cadeau pour la grande prêtresse». Signé Anubis. Me Magnée explique que dans cette «secte de satanistes et de lucifériens, les messes noires et rouges se terminaient toujours par une orgie sexuelle». Une orgie durant laquelle «une femme nue est offerte sur l'autel». Et l'avocat de préciser que «dans ces cérémonies ou des dislocations de membres sont monnaie courante, le cadeau très prisés, ce sont des jeunes filles vierges».

Et l'avocat de Marc Dutroux de préciser que «l'une de ces femmes-autel fut longtemps Tania dont le mari est policier à Andenne. Un membre de cette secte se faisait appelé Lilith. Dans leur langage, cela signifie, meurtrière d'enfants. Voilà ce que le juge Langlois considère comme une piste périphérique».

Cette piste périphérique est loin d'être la seule abordée par l'avocat. Du Carré Blanc à Charleroi au Brazil à Blankenberge en passant par Hastière et Grâce-Hollogne, Me Magnée a fait un tour de Belgique des zones d'ombres et des faits inexpliqués du dossier. Au-dessus de tout ça, plane évidemment l'ombre du fameux dossier bis. Un dossier qui contient toutes les pistes connexes qui peuvent laisser supposer qu'il y a des choses que l'on ne sait pas, voire pire, que l'on nous cache.

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