Plongeuse belge miraculée en Egypte

A la dérive en plein milieu de la mer Rouge avec 11 autres plongeurs européens, Annick Landuyt s'est accrochée à sa bouée et à la pensée de ses enfants

HURGHADA Beaucoup de choses viennent en mémoire dans une telle situation, et «comme mère, la seule chose à laquelle je pensais, c'était mes enfants », a déclaré la plongeuse miraculée. Mme Landuyt faisait partie d'un groupe de 12 plongeurs, cinq Britanniques dont un guide, cinq Portugais et deux Belges. Ils ont été secourus en pleine mer dimanche dernier, après avoir disparu pendant plus de 14 heures, victimes de courants qui les avaient emportés à plusieurs dizaines de kilomètres de leur bateau.

Pas découragés par leur mésaventure, les plongeurs avaient décidé de poursuivre leurs vacances et leur croisière pour rentrer jeudi soir à Hurghada, une station balnéaire égyptienne où ils ont reçu un accueil de héros. Les 12 rescapés sont repartis vendredi dans leurs pays respectifs par des vols différents.

Les plongeurs faisaient partie d'un groupe de 22 plongeurs ayant embarqué sur l' »Oyster », un bateau égyptien de plongée sous-marine, qui avait quitté Hurghada pour une croisière de routine en direction d'Al-Akhawayn (les Deux Frères), deux îles minuscules en pleine mer Rouge, au large de Qoseir, à quelque 800 km au sud du Caire.

La croisière s'est scindée en deux groupes pour une heure de plongée, mais seul un des deux groupes est revenu à la surface au point de rencontre prévu. Une heure plus tard, le groupe de Mme Landuyt n'avait donné aucun signe de vie.

En plongeant en direction des îles Akhawayn, le groupe avait soudain remarqué un banc de requins et décidé de s'en approcher pour prendre des photos.
«Nous avons fait demi-tour pour regarder les requins », a indiqué Patrick Vantorre, l'autre touriste belge du groupe. Mais le courant était trop fort et avant même qu'ils ne s'en rendent compte, les plongeurs avaient été entraînés au loin, à la dérive.

«Les courants dans cette région sont très forts », a souligné Alâa-Eddine Ali, membre de la société de plongée et d'activités maritimes de la mer Rouge.

Lorsqu'il a été retrouvé, le groupe avait dérivé de 47 kilomètres, a expliqué Riham Galal, dont le bateau a le premier repéré le groupe et s'est porté à son secours. Des dizaines des bateaux privés, des bâtiments de la Marine égyptienne et plusieurs hélicoptères ont participé aux recherches.

«Plus d'une fois, les hélicoptères ont survolé de près notre groupe sans nous voir », se souvient Jorge Correia, un Portugais père de deux enfants. «J'ai été prise de désespoir lorsqu'ils sont tous passés sans nous repérer », a renchéri Alexandra Douglas, l'une des Britanniques.

Pour survivre et accroître leurs chances d'être repérés, les plongeurs à la dérive ont gonflé leurs bouées, allumé leurs torches et formé un cercle. «Le plus important était qu'ils restent ensemble », a fait remarquer Amr Sami, patron de l'Oyster. Ils ont aussi continué à se parler pour s'empêcher de dormir et éviter ainsi l'hypothermie. «Nous avons discuté de tout et nous nous sommes raconté des tas de blagues », a dit un membre du groupe.

«Ils se sont parfaitement bien comportés, ils étaient solides », a jugé Riham Galal. Une fois secourus, les plongeurs ont réclamé de la bière et des gin-tonic.

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