Tué à coups de sabre

Philippe Boudart

Assises de Bruxelles: après un mariage coûteux, l'accusé tente de se refaire en vendant du hasch mais la transaction tourne mal

BRUXELLES Exécutée, il n'y a pas d'autre terme. Dans la nuit du 17 au 18 août 2003, la victime a été exécutée par Yassine Lachiri. Aujourd'hui, l'accusé se retrouve dans le box de la cour d'assises de Bruxelles. Il doit répondre de meurtre. Dans la nuit du drame, les policiers sont avisés d'une bagarre au milieu de la rue de Ter Plast, à Laeken. A son arrivée, la patrouille aperçoit un homme à sa fenêtre, expliquant que des hommes sont venus le dépouiller et que, pris de panique, il s'est défendu et a blessé l'un des assaillants.

Yassine explique avoir saisi un couteau de cuisine, mais aussi un sabre décoratif. Son opposant a été gravement poignardé. Il y a du sang partout dans l'appartement. La victime a malgré tout réussi à embarquer dans une voiture, une Peugeot, avec l'aide de ses complices.

La Peugeot est ensuite aperçue devant les urgences de Brugmann. Deux hommes en sortent et abandonnent un corps. Ils hurlent simplement: «Il y a un blessé».

Plus tard dans la nuit, un homme se présente aux urgences, soutenant avoir été averti que son frère y a été admis, quelques heures plus tôt. L'individu apprend que son frère est déjà mort. Mustapha Kadi avait 28 ans.

Le lendemain, les deux complices se présentent au commissariat. Entre les deux hommes et Yassine Lachiri, les déclarations divergent sans cesse. Il apparaît toutefois que la victime était, avec ses complices, en tractation avec Lachiri pour lui acheter du haschisch. Mais la négociation a finalement mal tourné...

Face aux enquêteurs, Lachiri explique qu'il s'était rendu en juillet 2003, soit un mois avant les faits, à Tanger afin de marier sa cousine. Quasiment ruiné par le voyage et le mariage, Lachiri a acheté un kilo de haschisch - à concurrence de 400 euros - à son cousin afin de se refaire. De retour en Belgique, Lachiri explique avoir rencontré par hasard un client intéressé à la gare du Midi, ce dernier le renvoyant directement au coffee-shop Le Galaxy, à Anderlecht. Le patron du commerce accepte d'acheter le kilo de haschisch pour 110.000 francs. Mais il veut s'assurer de la qualité de la marchandise.

C'est ainsi que la victime et ses complices se sont rendus chez l'accusé, avec les conséquences que nous connaissons.

Le verdict n'est pas attendu avant vendredi.

© La Dernière Heure 2005

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