Fiers de leur violence

N. B.
Fiers de leur violence
©DELVAUX

Ambiance à l'Institut René Cartigny: le directeur traite pourtant des enseignants de «fouteurs de m...»

IXELLES Institut René Cartigny, une école secondaire technique dans le quartier relativement calme de la place de la Petite Suisse à Ixelles. À la sortie des cours le midi, des élèves se regroupent devant la porte, comme d'autres ados le font ailleurs, devant d'autres écoles. Sauf qu'ici, on ne parle pas de son sport ou de son cours favori en ce début de semaine. Les conversations ont pris une tout autre tournure depuis vendredi dernier, jour où une dizaine de jeunes ont été arrêtés par la police.

C'est que les faits sont graves: selon le porte-parole de la police de la zone Bruxelles-Ixelles, vendredi dernier, les forces de l'ordre ont eu à intervenir deux fois dans le quartier de l'établissement scolaire. Un premier appel concernait des troubles engendrés par des jeunes dans une surface commerciale voisine, le deuxième portait sur des menaces envers un professeur de l'Institut René Cartigny. Sans compter qu'à ces faits, les élèves ajoutent d'eux même une scène de violence envers un agent de quartier le même jour, provoquée par des adolescents fréquentant cette école.

De leur côté, un certain nombre de professeurs ont témoigné leur colère hier par un arrêt de travail dans la matinée, dénonçant ainsi «le climat de violence» dans lequel ils travaillent au quotidien. Marteau lancé sur le tableau, poubelles qui s'enflamment en classe, vols de GSM du personnel...

Pourtant, tant du côté de la direction que de la police, on refuse de parler d'une «école dangereuse, à risques».

Paul Leloutre, directeur de l'établissement depuis plus d'un an, va même jusqu'à dénoncer l'attitude des professeurs affiliés à la CGSP Enseignement, syndicat à l'initiative de l'arrêt de travail d'hier matin. «Ce sont des fouteurs de m..., ils ne réalisent même pas qu'en agissant ainsi, ils utilisent la même méthode que celle de l'extrême droite. Je ne nie pas qu'il y ait eu quelques petits soucis dans l'école, comme partout ailleurs d'ailleurs, mais de là à donner cette image de notre établissement, non! Je me désaffilie dès aujourd'hui de la CGSP, tellement je suis écoeuré par ce comportement.»

Pendant ce temps, devant l'école hier midi, de nombreux élèves vantaient les mérites de leurs camarades qui, selon eux, n'ont fait «qu'agresser de manière justifiée l'agent de quartier qui passait dans la rue.» « Il n'avait qu'à ne pas nous insulter», ont rétorqué les jeunes à nos questions.

© La Dernière Heure 2006

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