Menaces terroristes à Bruxelles

Menaces terroristes à Bruxelles
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Une tentative d'évasion de Trabelsi a été déjouée. 14 suspects interpellés. La police craint des actes terroristes

La veuve de l'assassin de Massoud interpellée

Mesures dans les transports en commun


Trabelsi et "Farid le fou" échangés entre Nivelles et Lantin


BRUXELLES La police fédérale a déjoué, dans le cadre d'une enquête menée par un juge d'instruction bruxellois, une tentative d'évasion de Nizar Trabelsi, condamné en juin 2004 à 10 ans de prison pour la préparation d'un attentat contre la base militaire de Kleine-Brogel. Quinze perquisitions ont été menées vendredi matin dans différents arrondissements judiciaires et 14 personnes ont été interpellées, a-t-on appris vendredi à l'occasion d'un point presse au centre de crise du ministère de l'Intérieur.

La section terrorisme de la police fédérale et le parquet fédéral craignent des actes à caractère terroriste dans les prochains jours, ont-ils indiqué vendredi lors d'une conférence de presse. Des mesures de sécurité renforcées, visibles et moins visibles, seront d'application jusqu'au 2 janvier, principalement dans des lieux stratégiques de Bruxelles.

Les autorités demandent à la population belge de rester vigilante mais de ne pas céder à la panique.
Quinze mandats de perquisitions ont été exécutés vendredi matin sur différents arrondissements judiciaires et principalement sur celui de Bruxelles. Ces perquisitions ont été menées dans le cadre d'un dossier d'un juge d'instruction bruxellois spécialisé dans la lutte contre le terrorisme relatif à un projet d'évasion de Nizar Trabelsi, dont avait été informé la police fédérale.

Les perquisitions de vendredi matin visaient un groupe d'islamistes présumés qui aurait eu pour projet de faire évader Nizar Trabelsi au moyen d'explosifs et d'armes. Quatorze suspects ont été interpellés vendredi matin dans le cadre de ces perquisitions. On ignore si des armes ou des explosifs ont été saisis vendredi matin par la police.

Le parquet fédéral a estimé que si ce groupe pouvait utiliser des explosifs et des armes pour assurer l'évasion d'un détenu d'une prison belge, il n'était pas exclu que ces moyens soient utilisés à d'autres fins.
Une évaluation des menaces terroristes en Belgique a été menée par l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) qui estime que des mesures doivent être prises pour renforcer la sécurité de certains lieux fort fréquentés par la population, particulièrement à Bruxelles, comme sur les marchés de Noël, dans des rues commerçantes, Grand-Place, à Brussels Airport ou les stations de métro.

Des mesures visibles, comparables à celles adoptées lors des sommets européens à Bruxelles, avec une présence policière plus importante, et d'autres plus discrètes seront prises jusqu'au 2 janvier prochain. Les autorités judiciaires réexamineront la situation en fonction notamment d'une nouvelle analyse de l'OCAM, pour décider ou non de prolonger ces mesures. Il est demandé à la population d'être vigilante sans céder à la panique.

Le centre de crise du ministère de l'Intérieur a indiqué vendredi que le phénomène du terrorisme faisait partie de l'actualité quotidienne dans le monde et que le risque s'avère désormais réel en Belgique depuis le projet d'évasion de Nizar Trabelsi.


La veuve de l'assassin de Massoud interpellée

BRUXELLES Malika el-Aroud, l'épouse d'un des deux assassins du commandant Massoud, l'ancien chef de l'opposition armée des talibans, fait partie des quatorze personnes, islamistes présumés, interpellées vendredi matin dans le cadre de l'enquête sur un projet d'évasion de Nizar Trabelsi, a indiqué à l'AFP Lieven Pellens, porte-parole du parquet fédéral.
Le parquet fédéral devrait communiquer samedi sur d'éventuels mandats d'arrêt.
Agée de 48 ans, Malika el-Aroud, belge d'origine afghane, est la veuve d'Abdessater Dahmane, l'un des deux hommes qui ont assassiné, le 9 septembre 2001 dans un attentat-suicide, le commandant Ahmed Shah Massoud, chef de l'Alliance du Nord qui s'opposait aux talibans.
Déjà poursuivie en Belgique, cette Belge d'origine afghane avait été acquittée en 2003 par le tribunal correctionnel de Bruxelles qui jugeait une filière d'envoi de candidats au jihad en Afghanistan.
Partie en Suisse aux côtés de son nouvel époux, elle avait été jugée en juin de cette année à Genève pour soutien au terrorisme islamiste sur des sites internet. Elle avait été condamnée à six mois de prison avec sursis "pour soutien à une organisation terroriste et complicité de représentation de la violence".
Selon l'accusation, son mari Moez Garsallaoui, un Tunisien de 39 ans demeurant en Suisse, avait créé et exploité différents sites internet utilisés par des organisations terroristes, dont Al-Qaïda. Ces sites diffusaient notamment des recettes de fabrication d'explosifs, selon l'accusation.
Son épouse Malika, "grâce à sa notoriété dans le monde islamique, a offert une légitimation accrue aux démarches criminelles de son mari", avait soutenu l'accusation.




Nizar Trabelsi détenu à Nivelles, "Farid le fou" à Lantin

LANTIN Nizar Trabelsi n'est plus détenu à la prison de Lantin, a confirmé vendredi la direction de l'établissement. Depuis quelques jours, peut-être dans le courant de la semaine, il a été transféré à Nivelles. Son départ a été "compensé" par le retour à Lantin de Farid Bamouhammad, dit "Farid le fou". Pour des raisons de sécurité, les deux hommes ne peuvent en effet pas séjourner dans la même prison.

Les détenus réputés dangereux ne restent jamais longtemps dans une même prison. Nizar Trabelsi a été transféré de la prison d'Arlon à celle de Lantin fin novembre, suite à des suspicions d'évasion. Ces derniers jours, il a rejoint Nivelles.

Farid Bamouhammad, connu pour meurtre, menaces et prises d'otages, a également fréquenté presque toutes les prisons du Royaume. En plusieurs endroits, notamment à Tournai, à Arlon et à Andenne, sa détention a provoqué des mouvements d'humeur, voire de grève, dans le chef des gardiens.

Récemment détenu à Ittre, Farid Bamouhammad a rejoint Lantin quand Nizar Trabelsi a pris la direction de Nivelles. Même si, du côté du personnel de la prison liégeoise, on précise que cette détention pose problème, on souligne tout de même que l'infrastructure permet de la gérer au mieux. De plus, les gardiens sont en cours de formation pour aborder les situations de crise.

Farid Bamouhammad est détenu dans le bloc de haute-sécurité où des mesures particulières lui sont appliquées. Il ne peut ainsi pas entrer en contact avec les autres détenus; Alors qu'il était détenu à Ittre, Bamouhammad avait déposé plainte pour dénoncer ses conditions de détention.

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