Le corps d’Annick Van Uytsel lesté de 14,5 kilos de pierres

Gilbert dupont
Le corps d’Annick Van Uytsel lesté de 14,5 kilos de pierres
©BELGA

Janssen l’a frappée avec un marteau avant de lui maintenir la tête 5 minutes sous l’eau

BRUXELLES Annick Van Uytsel, 18 ans, habitait Diest. La nuit du 27 au 28 avril 2007, Annick rentre d’une soirée, seule, à vélo.

“Cette nuit-là, je ne pouvais pas dormir. J’étais en train de trembler dans mon lit. J’ai fini par me lever. Je suis sorti. J’ai pris la camionnette et j’ai roulé vers Diest (à 12 km, NdlR), du côté de Schoonaarde. À un moment, j’ai croisé une fille à vélo. Je ne l’avais jamais vue. Je ne la connaissais pas. J’ai accéléré pour arriver à un endroit où je pourrais la coincer. Je l’ai attendue. Elle arrivait sur son vélo. Je lui ai adressé la parole.

“Je me souviens qu’à un moment, elle était dans les buissons, ligotée avec de l’adhésif. J’ai mis le vélo dans la camionnette et (Annick) aussi. Je me souviens que j’ai eu des difficultés à la porter. J’ai démarré pour rentrer chez moi.

“Arrivé à la maison (il est environ 5 h du matin, NdlR), j’ai retiré les adhésifs. J’ai porté la fille dans la chambre à coucher. Je ne cherchais pas à ce qu’on fasse l’amour, seulement à recevoir de l’affection. Je lui ai beaucoup parlé.

“Tout d’un coup, son GSM a sonné dans son sac (Il est alors 6 h 29 : c’est la mère d’Annick, inquiète de constater que sa fille n’est pas rentrée). J’ai pris le GSM et retiré la batterie. Je n’avais pas l’intention de la tuer mais, tout d’un coup, les voisins (Shana Appeltans et Kevin Paulus, ceux-là mêmes que Ronald Janssen tuera le 2 janvier 2010, NdlR) se sont disputés. Ils hurlaient et j’ai entendu qu’ils disaient leurs noms, donc qu’Annick avait aussi entendus. Ce n’était plus possible de la laisser vivante. Je n’ai pas voulu qu’elle souffre.

“Je lui ai dit que j’avais l’intention de la libérer dans les Ardennes mais qu’il y avait une condition : qu’elle soit nue. Déshabille-toi.

“Entre-temps , je lui ait dit que je devais d’abord tout nettoyer. Je l’ai laissée seule. Je me suis rendu à la salle de bains où j’ai ouvert le robinet de la baignoire puis j’ai branché l’aspirateur. C’était pour faire du bruit. Je suis descendu à la cave pour prendre mon marteau à casser les cailloux. J’ai appelé la fille.

“J’ai repris de l’adhésif pour lui lier les pieds et les mains et bâillonner sa bouche. Annick (qui croit toujours qu’il va la libérer dans les Ardennes, NdlR) m’a dit que ce n’était pas nécessaire. Je lui ai répondu que si, il n’y a pas le choix. Ensuite, j’ai pris un essuie-main et le lui ai mis sur la bouche et j’ai frappé avec le marteau et, pour être certain qu’elle était morte, j’ai maintenu sa tête dans l’eau pendant cinq minutes.

“Après, j’ai tout lavé avec notamment du produit de W-C pour la baignoire. Plus tard, je suis allé au café et j’ai jeté dans une poubelle la carte SIM de son GSM. J’ai emballé le corps.”

Le corps d’Annick Van Uytsel sera retrouvé la semaine suivante à l’endroit où Janssen l’avait jeté. Il avait peu dérivé : Ronald Janssen l’avait lesté de pierres, au total 14,5 kilos.

Lors d’une audition ultérieure, Ronald Janssen reviendra sur certains détails et affirmera avoir “ peut-être inventé la dispute” bruyante entendue chez les voisins (en effet peu vraisemblable à 6h 30 du matin, NdlR). “ Inventé parce que, dira-t-il, j’avais besoin d’une explication pour justifier pourquoi j’ai tué cette fille.”

Il subsistait un mystère sur le vélo d’Annick, retrouvé à Louvain : c’est bien Ronald Janssen qui l’y avait déposé après l’avoir, dans un premier temps, abandonné dans un fossé.

“Le fossé, ce n’était pas une bonne idée. J’ai récupéré le vélo et je l’ai repeint en partie puis je l’ai transporté à Louvain.”

Le vélo d’Annick y fut retrouvé des mois plus tard. Mais avec cet indice matériel seul, la police ne serait jamais arrivée au tueur.

© La Dernière Heure 2011

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