Un abbé si apprécié

A.-F. So.
Un abbé si apprécié
©n.d.

À Flawinne, un poème avait même été rédigé sur Marcel Colignon

Marcel Colignon, arrêté le 15 décembre pour une série d’attentats à la pudeur et de viols entre 1968 et 2001, a déçu une grande partie des personnes qui le côtoyaient.

Le juge d’instruction de Dinant, Olivier Bontyes, encourage les victimes de l’ancien curé Marcel Colignon à se manifester auprès de la police.

Faut dire que le prêtre a même été jusqu’à contacter plusieurs victimes pour les dissuader de dénoncer ces faits.

Voilà qui avive la consternation et la déception des personnes qui l’ont bien connu.

À Flawinne (Namur) où l’abbé Colignon fut vicaire de 1968 à 1980, l’étonnement et la stupeur sont à leur comble : “C’est tellement loin; mais je me souviens qu’il était très affable, toujours correct. Il avait le contact facile avec tout le monde. Il était rieur, jovial. Jamais je n’aurais soupçonné…” , commente Albert Gaspard.

Jacques Weber, 80 ans, responsable du bulletin paroissial, garde, lui, un souvenir ému de l’abbé : “C’était un brave vicaire. Il courait dans tous les sens. Il s’occupait de la bibliothèque et faisait très bien son travail. Il assumait aussi la direction de la chorale. Je le vois encore durant les offices descendre quatre à quatre les marches du jubé pour venir prêcher son sermon : un sermon chronométré mais où l’essentiel était dit. Il était aussi très dynamique avec les jeunes, les scouts. Mon fils Jean-Pierre, qui à l’époque avait 15-17 ans, était très souvent en contact avec lui, vendant à ses côtés des articles pour l’opération de solidarité 48.81.00. Jamais un jeune ne s’est plaint de lui. Oui je l’appréciais tellement qu’en février dernier, j’ai tenu à rédiger un petit article en son souvenir dans le bulletin, tellement il figure parmi les personnalités qui ont marqué la paroisse.”

Lorsque l’abbé Colignon quitta la paroisse de Flawinne, un poème fut même rédigé en son honneur : “Notre bonheur s’achève car nous ne savons pas ce que sera demain, à l’heure où il nous faut céder un bon copain. À Surice demain, une autre vie commence. D’autres ouailles là-bas connaîtront cette chance que durant douze années nous goûtâmes avec vous… Devions-nous quelquefois patienter à genoux car au lit, vous restiez, bien que sonnant sans trêve, les cloches ne savaient vous arracher aux rêves. N’empêche, on vous regrette. Ne disons pas adieu mais plutôt au revoir. N’est-ce pas beaucoup mieux !”



© La Dernière Heure 2011

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