Le présumé Géant claudiquant des tueries du Brabant est mort

Gilbert Dupont
Le présumé Géant claudiquant des tueries du Brabant est mort
©Bernard Demoulin

Adriano Vittorio fut soupçonné entre 1983 et 1988 d’être l’un des tueurs du Brabant

MAUBEUGE Ignoré depuis 7 ans par la faute d’une… erreur d’informatique, Adriano Vittorio est mort, à Maubeuge, le 7 octobre 2005.

L’information, inédite, n’a finalement pu nous être confirmée hier, qu’à la suite de recherches par la mairie de Maubeuge.

En France, où celui qui fut pendant quatre ans présenté comme le géant des tueries du Brabant n’était pas inscrit sous le nom d’Adriano Vittorio, mais d’Adrien Vittorio. Ce qui, pour l’informatique, fait en effet une sacrée différence.

Il est donc bien confirmé que l’Adrien Vitttorio décédé à Maubeuge à l’âge de 64 ans, qui était né le 12 septembre 1941 à Khanget-Gare (Tunisie), ne fait qu’un avec l’Adriano Vittorio dont la silhouette massive fit croire en novembre 1983 à la Belgique entière que le chef des tueries du Brabant avait été arrêté à Nivelles. Et qu’avec lui, était écarté tout danger de nouvelles tueries dans les Colruyt et les Delhaize.

Le décès de Vittorio n’a pas été qualifié de suspect par le parquet de Maubeuge : celui-ci avait déjà affronté au moins un infarctus et deux comas respiratoires.

Vittorio est mort dans un dénuement total. La mairie n’a pu contacter aucun proche. Il a été enterré comme un indigent.

En prenant sa retraite, l’ancien juge d’instruction Lacroix ne pouvait s’empêcher de rappeler qu’il avait toujours trouvé particulier que Vittorio avait pu livrer la chronologie parfaitement exacte des coups de feu tirés le 16 septembre 1983 au Colruyt de Nivelles… alors que l’expert en balistique lui-même l’ignorait à ce moment.

Il s’agit d’un point d’enquête que la Cellule Brabant wallon a voulu vérifier au début des années 2000 : Vittorio accepta de revenir à Jumet pour décrire les auditions de l’époque : il s’agissait d’interrogatoires à des siècles de la loi Franchimont, qui finissaient par faire avouer n’importe quoi.

En juin 1988, la cour d’assises du Hainaut acquittait Vittorio et tous les suspects de la filière boraine, de tous les assassinats liés aux tueries. Entre-temps, Vittorio et les autres avaient fait trois ans de préventive.

De tous ceux-là, plusieurs – Josiane Debruyne, Michel Baudet, Jean-Claude Estiévenart – sont morts. Aucun de leurs décès – accident de roulage, toxicomanie, pendaison en prison – n’a paru suspect, en tout cas en lien avec l’hallucinant, le persistant mystère des tueries (28 assassinats entre 1982 et 1985).

En 1983, Vittorio mesure 1 m 88 pour 125 kg. Sa claudication correspond aux témoignages. Vittorio avouera à des dizaines de reprises sa participation aux tueries : on sait dans quelles conditions.

Puis il disparaît 12 ans de la circulation. Nous l’avions retrouvé le 8 juillet 2000. Adriano avait gardé une connaissance interpellante du dossier du Colruyt de Nivelles.

Il avait confié : “Non, je n’ai pas de testament. Je n’ai pas caché, quelque part, quelque chose qui sortira (quand je serai mort).”



© La Dernière Heure 2012

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