Plus de 300 évasions ces cinq dernières années

Bien sûr, les évasions à la hollywoodienne sont rarissimes, comme celle de Lantin en 2007 lorsqu’avec un hélicoptère était venu délivrer un détenu…

Antoine Clevers/Sarah Rasujew
Plus de 300 évasions ces cinq dernières années
©DEVOGHEL

Bilan guère réjouissant. Sur les cinq dernières années, entre 2008 et 2012, quelque 304 détenus ont réussi à s’évader.

Ce total a pu être calculé sur base des chiffres donnés par la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (Open VLD), ces 18 derniers mois, en réponse à des questions écrites de la députée Sabien Lahaye-Battheu (Open VLD aussi).

Le bilan 2012 est toutefois le meilleur depuis 2007. L’année dernière, 47 prisonniers ont réussi à se faire la malle. Ils étaient respectivement 64 en 2011; 58 en 2010; 73 en 2009; 62 en 2008; et 42 en 2007.

Bien sûr, les évasions à la hollywoodienne sont rarissimes, comme celle de Lantin en 2007 lorsqu’avec un hélicoptère était venu délivrer un détenu…

La plupart des évasions se produisent au départ de lieux dits semi-ouverts. Par exemple des ateliers, des salles de sport, lors de consultations médicales ou autres activités extra-muros.

Parmi les pistes possibles pour réduire le nombre de cas : la sécurisation des transfèrements des détenus – notamment lorsqu’ils doivent se rendre au tribunal. Interrogée par la députée Bercy Slegers (CD&V), la ministre de la Justice a expliqué dans une réponse écrite que des mesures étaient sur la table.

“La répartition des tâches entre les différents partenaires (corps de sécurité, police, établissements pénitentiaires) concernés par le transfèrement de détenus doit être organisée différemment”, estime Mme Turtelboom.

Concrètement, “il est envisagé d’organiser le transfèrement à un niveau provincial ; ce faisant, les moyens disponibles tant en termes de personnel que de véhicules doivent être mieux mis en œuvre.”

“Les discussions en la matière sont en cours entre les différentes instances, poursuit-elle. “Afin d’organiser le transfèrement d’une manière plus sûre, les risques liés à chaque transfèrement doivent être mieux évalués. Cela peut se faire par la création d’un organe central qui rassemblerait les informations nécessaires à cet effet.”

Et de promettre “un plan d’action […] dès que l’audit actuellement en cours sera terminé.”

“Certains incidents récents ont donné lieu à la création d’un groupe de travail composé de représentants de tous les acteurs concernés, sous la direction de la ministre de l’Intérieur (NdlR, Joëlle Milquet, CDH). Ce groupe de travail tentera à court terme d’identifier quelques problèmes très pratiques et d’apporter des solutions.”

Ils ont tenté de s’évader de la prison d’Andenne 

Le 8 avril 2012, Christos Sagos, 46 ans, et Fabien Lhonneux, 42 ans, ont pris en otage plusieurs gardiens pour tenter de s’évader de la prison d’Andenne où ils étaient détenus pour de longues peines.

Christos Sagos était incarcéré dans cette prison depuis seulement un mois lorsqu’il a commis ces faits. L’homme totalise plus de 20 ans de condamnation tandis que Fabien Lhonneux a déjà passé 17 ans en prison.

Christos Sagos avait notamment commis un braquage d’une grande surface dans laquelle il était en train de faire ses courses… Il était alors en liberté conditionnelle.

En 1997, il a déjà tenté de s’évader de la prison de Lantin. En 2001, il n’est pas rentré de congé pénitentiaire.

Les deux hommes estimaient que leurs conditions de détention n’étaient pas supportables. Ils se sont procuré des couteaux dans le but de prendre des gardiens en otage.

Le 8 avril 2012, ils sont passés à l’action. Ils ont pris en otage une première gardienne. Si Fabien Lhonneux a été rapidement maîtrisé, il n’en a pas été de même pour Christos Sagos.

Ce dernier tenait un agent en respect en lui posant un couteau sous la gorge. Un gardien a essayé d’intervenir et il a reçu un coup de couteau sous l’œil.

Sagos a pris la gardienne en otage jusqu’à sortir de l’enceinte de la prison.

Une fois dehors, il a volé une voiture et pris la fuite. Il a été arrêté à quelques kilomètres de la prison.

Devant la cour, ils ont expliqué que leurs conditions de détention étaient inhumaines. Un des prévenus a évoqué des menaces qu’il aurait subies dans la prison. Le parquet a requis des peines de 4 et 7 ans de prison.

La défense des prévenus a estimé que les faits n’étaient pas prémédités. Les avocats ont plaidé la clémence.

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