Nos douaniers priés de ne plus contrôler la nuit

Une directive leur permet d’effectuer encore 1 service de nuit tous les 2 mois.

Gilbert Dupont
Gent - 07/11/2002 - Contrôle de police (opération "Goliath") - Politiecontrole (actie "Goliath") Photo News / Joost De Bock JBPN071102_2_23 © Photo News PICTURES NOT INCLUDED IN THE CONTRACTS
Gent - 07/11/2002 - Contrôle de police (opération "Goliath") - Politiecontrole (actie "Goliath") Photo News / Joost De Bock JBPN071102_2_23 © Photo News PICTURES NOT INCLUDED IN THE CONTRACTS ©Photo News

Les gabelous belges devront à l’avenir effectuer les contrôles douaniers pendant les heures de bureau de façon à économiser les services de nuit lesquels sont désormais réduits à… un par… deux mois.

Dans une note interne que la DH a pu lire, la direction régionale des finances de Charleroi a annoncé au personnel douanier de Charleroi, Beauraing, Namur, Gembloux et Couvin qu’une nouvelle directive "sur les prestations en dehors des horaires ordinaires "n’autorisait désormais plus chaque agent qu’à prester "une nuit tous les deux mois, un samedi par mois et un dimanche par mois".

La brigade de Couvin notamment concernée a été rendue célèbre par le film de et avec Dany Boon, Rien à déclarer.

Les mêmes directives sont données à l’inspection régionale de Mons (compétente jusqu’à Tournai), et sont en préparation à Liège.

Un samedi par mois; un dimanche par mois et une nuit par deux mois, donc six par an : étranglés par les budgets, les Douanes et Accises qui ont rapporté à l’État… 9,6 milliards d’euros de recettes en 2012 demandent au personnel extérieur de fermer boutique la nuit et le week-end pour réduire des primes de… 8 euros brut/heure les samedis et nuits entre 20 h et 6 h, et de 16 euros brut le dimanche.

Contactés hier après midi, des douaniers hennuyers parlent d’un calcul petit et d’"économies de bout de chandelle" difficilement compréhensibles.

Des études internes ont en effet montré qu’un douanier rapportait à l’État la moyenne de 50.000 euros de recettes en six mois d’heures sup’.

"Il n’arrive jamais de rentrer bredouilles d’un service de nuit", confirme un douanier namurois. "Un simple contrôle tachygraphe positif et c’est déjà 2.400 euros d’amende pour le chauffeur ou son employeur. La nuit, les fraudes sont souvent très différentes qu’en journée. Et pas un service de nuit ne ramène rien en termes de recettes pour les caisses de l’État."

Pour les agents des douanes, les primes arrondissent les fins de mois des traitements modestes. Un douanier (Niveau C) ayant 15 ans d’ancienneté perçoit de l’ordre de 1.750 euros net, "ce qui n’est pas gras".

Le personnel contacté hier trouve dans cette directive un motif de mécontentement supplémentaire. Au-delà pourtant des primes perdues, il veut dénoncer les effets "dévastateurs" d’une politique qui ne peut, selon lui, qu’"encourager toutes les fraudes possibles et imaginables", en tout cas "les fraudes de nuit et les fraudes de week-end".

La directive prévoit cependant des possibilités d’exceptions.

Pour prester deux services de nuit au lieu d’un sur deux mois, le chef de service local devra dorénavant adresser au directeur d’administration "une demande écrite au moins quinze jours avant la prestation sollicitée avec justification au niveau de la nécessité opérationnelle et les nom et prénom du (des) membre(s) de personnel concerné(s)".


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