Les confessions du policier "hooligan" arrêté à Lisbonne

Le policier bruxellois de 34 ans, arrêté après Benfica-Anderlecht, explique tout dans le détail.

Gilbert Dupont
Les confessions du policier "hooligan" arrêté à Lisbonne
©D.R.

Le policier de 34 ans, D. R., est rentré du Portugal.

Par son avocat, il a tenu hier à mettre les choses au clair : il n’est pas un hooligan. Il n’a eu à aucun moment mardi, ni dans le métro ni près du stade de Benfica, un geste de violence ou une attitude agressive.

Le juge de Lisbonne ne l’a pas inculpé de coups et blessures ou rébellion, mais "provocation" et "avoir fait peur à des femmes et/ou des enfants", ce pour quoi le policier a des explications.

Et le juge l’a libéré sans condition, caution ou interdiction de quitter le territoire. Le policier bruxellois affirme avoir par contre été matraqué par les collègues portugais, avec certificat médical à l’appui.

Me Sven Mary rappelle "à certains médias belges" l’importance de la présomption d’innocence qui, "non respectée, détruit l’honneur et les carrières".

L’accusation de la police lisboète concernant son client repose sur le fait "d’avoir eu les cheveux rasés, des chaussures de sport et un pantalon court et de n’avoir pas porté les couleurs de son club", critères qui suffiraient au Portugal à prouver qu’on est hooligan, un casual hooligan.

Et Me Mary, qui se rase le crâne et affiche un look vestimentaire sportif, en déduit qu’à Lisbonne peu en faut qu’il en soit donc un lui aussi, de hooligan.

Le policier n’accompagnait pas le noyau dur ni les supporters d’Anderlecht. Et c’est d’ailleurs la première fois qu’il assistait à un déplacement du Sporting à l’étranger. Il était pour huit jours en vacances à Lisbonne et comme le match avait lieu pendant le séjour, avait voulu y assister.

Son frère est par contre connu à la Cellule Football; mais le frère n’a pas été interpellé.

On s’était rejoint dans un irish pub. Puis ils ont emprunté le métro, direction le stade de Benfica. Aucun incident durant le trajet.

À l’arrivée près du stade, le groupe belge a essuyé des jets de projectiles. D. R. dit s’être encouru vers des escaliers pour se mettre à l’abri, un problème étant qu’à la différence de ce qui se fait à Anderlecht, les tickets portugais n’indiquent pas au dos le plan du stade.

À la vue de policiers lisbonnais, le policier bruxellois dit avoir levé les bras et voulu s’identifier comme "policier en Belgique", ceci en montrant sur son iPhone une photo de lui en tenue avec son chien : D. R. est maître-chien à la zone Ouest.

Il a alors reçu des coups de matraque sur le corps.

Le policier belge a passé la nuit en cellule puis été présenté le mercredi au juge, lequel l’a immédiatement libéré après audition. Il n’avait pas non plus été question d’arme.

D. R. appartient à la Canine. Policier depuis 12 ans, il est sans passé disciplinaire aucun - hormis un problème ancien avec une collègue qui n’était pas sans reproche. Aucun problème au commissariat ni sur le terrain dans une zone de police pourtant réputée difficile, la zone Ouest.

Me Sven Mary insiste sur la présomption d’innocence visiblement négligée dans cette affaire. Son client reprend le service jeudi dans des conditions qu’il souhaite "normales". S’il doit être entendu disciplinairement, prévient l’avocat, "je serai présent et je demanderai à voir le dossier de la justice portugaise".

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