"Hooligan? C’est un style de vie"

Ils sont environ 300, 350, ont en moyenne la trentaine et présentent une passion commune : la défense des couleurs du Sporting d’Anderlecht. Qui sont ces suiveurs?

Jonathan Lange

Ils sont environ 300, 350, ont en moyenne la trentaine et présentent une passion commune : la défense des couleurs du Sporting d’Anderlecht.

Eux, ce sont les membres du Brussels Casual Service (BCS), la firm d’hooligans qui escorte les Mauves. Ils n’ont pas de signes distinctifs si ce n’est pour certains quelques tatouages du BCS bien dissimulés, et arborent volontairement un style casual pour passer inaperçus.

Les plus anciens sont tombés dans la marmite du hooliganisme dans les années 80, 90 quand les hordes de supporters anglais ont déferlé sur Bruxelles.

"Le O-Side (ancêtre du BCS) s’est créé par souci de se défendre face à cet envahissement de Tottenham, d’Aston Villa et Nottingham que les anciens appellent d’ailleurs la trilogie. Il y avait un peu cette image de peïs qui mangeaient des frites et mettaient des coups de boule", nous avait expliqué Marc (prénom d’emprunt) en mars dernier dans Les Sports.

À l’origine de la création du BCS dans les années 90, ce quadra propre sur lui navigue dans un milieu social plutôt aisé. Il est la preuve que les hooligans, loin des clichés véhiculés, ne sont pas écervelés et viennent de toutes les strates de la société. "Chez nous, il y a une règle : pas de politique. Pour le reste, nous n’avons aucun problème linguistique ou racial, on a des Marocains, des blacks ou des métis."

Étudiants, ouvriers ou cadres, certains sont plus ou moins sensibles aux performances du Sporting.

"Au départ, tout a commencé par le foot", précise Simon, qui approche la cinquantaine et qui est l’un des plus anciens du groupe. "On y allait d’abord pour voir Anderlecht gagner et on ne supportait pas que les autres fassent les malins."

"Moi, perso, c’était 95 % bagarre, 5 % foot. J’ai jamais été un grand fan, je sais qu’on a gagné des titres mais je ne sais pas combien exactement, idem pour les Coupes d’Europe", avoue Marc qui concède avoir "appris à avoir cette culture de la violence qui était en moi (lui). Cette graine a éclos et elle est à 200 % en moi. Être hooligan, c’est plus qu’un hobby, c’est un style de vie".

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