Maria meurt en voulant échapper à la police... qui n’était pas venue pour elle

En situation irrégulière, elle s’est jetée du 2e étage.

Julien Balboni
Photos Bernard Demoulin: Elle tombe du 2eme etage lors d' une perquisition de la Police. Mort Suicide Police
Photos Bernard Demoulin: Elle tombe du 2eme etage lors d' une perquisition de la Police. Mort Suicide Police ©© Bernard Demoulin

Le soleil commence à se coucher sur la petite rue Moretus, à Anderlecht, à deux pas du boulevard Poincaré, quand Maria Chidiri, 35 ans, entend frapper à sa porte. Puis le mot suivant : "Police".

Que lui est-il passé par la tête ? La jeune femme, qui vit en Belgique depuis de nombreuses années, est en situation irrégulière. "Elle aurait pu se régulariser mais elle n’osait pas", raconte Ilham, qui se décrit comme "sa meilleure amie".

Alors, probablement de peur de se faire interpeller, Maria enjambe l’encadrement de sa fenêtre et, vraisemblablement, tente de s’accrocher à l’antenne parabolique toute proche. Celle-ci se serait désolidarisée du mur. Entraînant la malheureuse dans une chute mortelle.

C’est alors que les policiers défoncent la porte et pénètrent dans l’appartement. Mais il est déjà trop tard. Ils ne peuvent que voir le corps sans vie de Maria Chidiri en contrebas, sur le pavé mouillé.

"La victime a probablement voulu échapper aux services de police et est tombée en s’agrippant à l’antenne", observait-on hier soir au parquet de Bruxelles. En effet, la police de Bruxelles-Capitale/Ixelles avait été dépêchée pour l’interpellation d’un dealer présumé, précise le parquet de Bruxelles.

Les hommes en bleu, accompagnés de chiens dressés pour la détection de stupéfiants, disposaient d’un trousseau de clés et de l’adresse du suspect, mais pas du numéro de son appartement. Au premier, une femme leur ouvre, mais la clé ne correspond pas à la serrure. Arrivés au deuxième étage, ils n’obtiennent pas de réponse. S’ensuit la chute qui ôte la vie de Maria Chidiri.

Décrite comme "gentille mais inquiète de nature, profondément honnête", la victime parvenait à gagner sa vie grâce à de petits boulots, forcément non déclarés vu qu’elle ne disposait pas de papiers en règle. "Je l’avais eue au téléphone à 15 h 30, elle était en train de faire à manger, on devait se voir à 17 h", souffle Ilham.

Présents sur les lieux mais bouleversés, plusieurs membres de sa famille n’ont pas souhaité s’exprimer face à la DH.

Hier soir, un médecin légiste et du personnel de la police scientifique étaient sur place avant de recueillir des éléments pouvant étayer les premiers résultats de l’enquête de police.

Il apparaît d’ores et déjà, toujours selon le parquet de Bruxelles, que "la victime n’était pas impliquée dans l’enquête concernant les stupéfiants" qui avaient mené les policiers chez elle. Morte pour rien…

Photo: Bernard Demoulin (IPM)

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