Victime d'une lamentable bévue, Assim s'explique: "Je ne suis pas un ennemi d'Israël"

La vie de toute la famille d'Assim Abbasi risque de basculer suite à la diffusion d'un malencontreux avis de recherche.

D. Ha.
Victime d'une lamentable bévue, Assim s'explique: "Je ne suis pas un ennemi d'Israël"

La vie de toute la famille d'Assim Abbasi risque de basculer suite à la diffusion d'un malencontreux avis de recherche. La vie de toute la famille d'Assim Abbasi - ses parents dont le papa travaille pour l'ambassade du Pakistan, ses deux frères et ses deux sœurs qui sont tous encore aux études - risque de basculer suite à la répercussion, dans les médias, d'un malencontreux avis de recherche à la demande de la police fédérale belge sur requête d'une juge d'instruction spécialisée en matière de terrorisme. Mais pas seulement…

Cet avis de recherche - signalant un suspect potentiellement armé qui trois mois auparavant avait soi-disant observé, avant de se volatiliser, des habitations de l'avenue Louise à Bruxelles - a en réalité été émis - et nous le tenons de multiples sources sûres - sur base des photos prises par le service de sécurité de l'ambassadeur d'Israël en Belgique, Jacques Revah. Sa résidence se trouvant non loin de l'arrêt où Assim Abbasi, 22 ans, attendait son tram en vue de se rendre à son match de cricket, lui qui avait juste recouvert sa batte de cricket avec son pull pour la protéger de la pluie.

"Je n'ai même pas vu qu'on m'avait pris en photo. C'est terrible, c'est incroyable d'avoir fait cela. Si j'avais été un terroriste et que je me trouvais avec une arme devant la résidence de l'ambassadeur d'Israël, pourquoi n'ont-ils rien fait au moment même ? Je ne suis pas un ennemi d'Israël. Je joue juste au cricket dans un club à Waterloo et, le dimanche, c'est jour de match. C'est un sport national chez nous. Je le pratique depuis tout petit", commente Assim Abbasi, qui vit en Belgique depuis quatre ans.

Aujourd'hui, sa famille risque de se voir contrainte à tout moment de repartir au Pakistan en étant étiquetée de terroriste. Du moins si l'employeur du papa, l'ambassadeur du Pakistan en Belgique, ne change pas d'avis. D'après la famille, celui-ci aurait envoyé une lettre enflammée au ministère du Commerce pakistanais pour mettre plus tôt que prévu fin à la mission du papa, Tufail Abbasi, qui consiste à faciliter l'import-export entre les deux pays. Or, la légalité du séjour de toute la famille dépend de la mission de Tufail Abbasi, 48 ans.

Tufail précise à ce propos que son employeur a écrit en toutes lettres qu'il ne voulait plus de ses services "parce que - son - fils est un terroriste". Il souhaite en conséquence obtenir de son ambassadeur qu'il envoie une nouvelle lettre stipulant, cette fois, que son fils n'est pas un terroriste. S'il se voit forcé de retourner au Pakistan sans ce préalable totalement justifié, il dit craindre que son fils soit emprisonné là-bas. "Ce samedi, l'ambassadeur a déjà demandé qu'on nous téléphone pour qu'on prépare nos bagages afin de partir mais on a refusé. Il doit comprendre qu'on ne peut de toute façon par quitter la Belgique avant janvier. Les enfants doivent encore passer leurs examens."

De son côté, le parquet fédéral a indiqué qu'il allait prendre contact avec l'ambassade du Pakistan. Sur les réseaux sociaux, une pétition "contre l'expulsion d'Assim Abbasi et de sa famille" avait hier soir déjà récolté plus de 3.300 likes.

Victime d'une lamentable bévue, Assim s'explique: "Je ne suis pas un ennemi d'Israël"
©D.R.
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