Namur: Etienne K. n'est pas "un monstre pédophile et violent" selon la défense

Le quinquagénaire est accusé de faits de moeurs ainsi que de traitements dégradants et inhumains sur trois de ses six enfants entre 2005 et 2009.

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Namur: Etienne K. n'est pas "un monstre pédophile et violent" selon la défense
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Le quinquagénaire est accusé de faits de moeurs ainsi que de traitements dégradants et inhumains sur trois de ses six enfants entre 2005 et 2009.

Pour Mes Bernès et Gruslin, avocats d'Etienne K., accusé devant la cour d'assises de Namur de faits de moeurs, de traitements inhumains et dégradants, ainsi que de coups et blessures, il n'est pas le monstre pédophile et violent qu'on décrit. Ils ont plaidé un acquittement généralisé. Pour eux, la période infractionnelle doit être réduite et certains faits ne sont pas scientifiquement prouvés. Pour Me Bernès, "il ne faut pas tirer sur l'ambulance". Ce n'est pas parce que l'accusé "ne présente pas bien" et "n'est pas sympathique et empathique qu'on doit le qualifier de monstre abominable".

Pour Me Bernès, cette période infractionnelle doit être raccourcie. Il la situe entre juillet 2008 et janvier 2009 quand Etienne K., alors divorcé de son ex-épouse, recevait plus régulièrement ses enfants. "La défense tente de diminuer la période infractionnelle en disant qu'entre 2005 et 2008, Monsieur n'avait plus de contact avec ses enfants, c'est faux!", a ensuite lancé Me Donadello, avocate des parties civiles, lors des répliques.

La défense concède qu'il existe des constatations médicales et des traces ADN concernant une des filles d'Etienne K., victime de viols. "Mais pour les deux autres, on n'a rien! Aucun élément objectif ni scientifique", plaide Me Bernès. Et même pour certains viols sur la jeune fille, l'avocat émet des doutes. "Monsieur se dit un jour: 'Tiens, je vais monter au grenier et la violer'. Il est rare d'avoir immédiatement un viol, ça commence généralement par des attouchements et dans un endroit où il sait qu'il ne sera pas dérangé", explique-t-il.

Etienne K. est également accusé de coups et blessures sur tous ses enfants, dès qu'ils ont commencé à marcher, selon les avocats des parties civiles. Or, sur ce point, la défense estime aussi qu'il n'y a aucun élément pour une période infractionnelle si longue. Pour Me Bernès, on "fait grand cas" des brûlures détectées sur le corps du plus jeune garçon de la fratrie ou encore de l'oeil au beurre noir d'une des filles d'Etienne K. mais "vous n'avez pas dans le dossier de certificats médicaux qui attestent de coups (...) Si les enfants ne l'ont pas déclaré, ce n'est peut-être pas parce qu'ils étaient sous le joug de leur père comme on vous l'a dit, mais parce qu'il n'y a rien eu".

Les avocats de la défense font confiance aux experts qui ne relèvent ni pédophilie, ni perversité, ni dangerosité chez l'accusé.

Me Gruslin a davantage axé sa plaidoirie sur le doute qui devait profiter à l'accusé: "Il n'y a pas de pire crime que de condamner quelqu'un pour un fait qu'il n'a pas commis". Il a invité les jurés a regarder l'horloge lors de leur délibération. Si sur soixante secondes de temps, ils ne sont pas sûrs de la culpabilité de l'accusé pendant une seconde, ils doivent acquitter. Il leur a également recommandé d'être prudents sur la fiabilité des analyses de crédibilité réalisées par des expertes psychologues concernant les auditions des enfants victimes de faits de moeurs "surtout quand elles ne sont confortées par aucun élément matériel".

La parole sera accordée une dernière fois à l'accusé jeudi avant que le jury ne délibère sur sa culpabilité.

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