Décès de Jean-Luc, SDF à Namur: "Les quotas à l'abri de nuit, c'est criminel!"

Le PTB demande la suppression de ce quota et propose une action silencieuse avant le conseil communal de jeudi.

JVE et Belga
Décès de Jean-Luc, SDF à Namur: "Les quotas à l'abri de nuit, c'est criminel!"

Le PTB demande la suppression de ce quota et propose une action silencieuse avant le conseil communal de jeudi Jean-Luc, un sans-abri, qui souffrait de problèmes de santé importants, est décédé à l’hôpital "dans la dignité" dans la nuit du 6 au 7 mars à Namur après que l’accès lui a été refusé à l’abri de nuit malgré des lits inoccupés. Son quota de 45 nuitées avait été atteint. La cause exacte de son décès est inconnue, le quinquagénaire pourrait être décédé d’hypothermie.

Dans un communiqué, la ville, le relais social urbain namurois et le CPAS précisent que "ce décès, intervenu en milieu hospitalier, survient dans le cadre d’un suivi tant social que médical. Le maillage de plus en plus serré entre les partenaires n’empêchera pas, malheureusement, l’émergence de failles à combler, tenant compte de la complexité de l’homme et des situations".

Le PTB namurois réitère pour sa part sa demande d’avril 2014 de suppression du quota à l’abri de nuit et appelle à une action respectueuse, pacifique et silencieuse devant l’hôtel de ville, avant le conseil communal de jeudi : le dépôt d’une bougie à 17 h 30. "Ce quota est criminel. Des laissés-sans-abri se sont déjà exprimés dans la presse pour le dénoncer : pourquoi devoir dormir dehors, quand des lits à l’abri de nuit sont inoccupés ? En mars 2014, la ville de Namur leur répondait : Si on acceptait de toute façon les gens qui dépassaient les 45 nuits, on ne serait pas en accord avec notre projet."

À l’abri de nuit de Namur, les SDF sont accueillis en permanence de décembre à février. Le reste de l’année, ils ont droit à un quota de 45 nuits par an, à l’exception des nuits glaciales (- 5 °C) de novembre et mars. "La mort d’un homme est un scandale qu’on ne doit pas accepter. Vu l’humanité extrême de cet accueil, des failles peuvent se présenter. Nous allons tirer les conséquences de cette situation. Des réunions sont en cours avec les acteurs politiques et de terrain. Nous pourrions allonger l’accueil permanent au mois de mars ou obliger l’accueil en cas de lits inoccupés", explique Stéphanie Scailquin, l’échevine de la Cohésion sociale.

Soutenu à l’époque par la ville et la Région wallonne, ce quota avait pour objectif de pousser les sans-abri à se réinsérer et de ne pas faire de l’abri de nuit un "hôtel social perpétuel", constate Maxime Prévot, bourgmestre de Namur et ex-échevin de la Cohésion sociale. "Il s’agit d’un règlement souhaité par les travailleurs sociaux eux-mêmes et que la ville a validé parce qu’on a soutenu la demande des services. C’est une particularité namuroise qui a démontré ses limites", poursuit-il. Pour le ministre wallon de l’Action sociale, la réflexion doit d’abord être menée au niveau de la ville, avec le CPAS et le Relais social.


Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...