Nous n’avons plus vu un moineau depuis 8 jours à Bruxelles

Un ornithologue et un journaliste ont enquêté entre le 25 avril et le 3 mai.

Gilbert Dupont
Bruxelles - Les moineaux disparaissent de la capitale
Bruxelles - Les moineaux disparaissent de la capitale ©©JC Guillaume

Un ornithologue et un journaliste ont enquêté entre le 25 avril et le 3 mai

Bruxelles première capitale, première ville à ne plus compter de moineaux ? Notre petite enquête, qui a duré 8 jours, est partie d’une réflexion pendant un jogging : "Tiens ? Où sont-ils passés ?" La semaine du 25 avril au 3 mai, en compagnie d’un ornithologue de terrain, nous avons cherché à Bruxelles à voir un moineau. Vous savez, ce petit oiseau vif à la tête gris-beige ou marron qu’on trouve sur les trottoirs de la planète, toujours à se chamailler un bout de pain.

Nous avons circulé en ville, à pied et à Vespa. Pour sa part, Dominique Hoste, qui a travaillé pour la ligue des oiseaux, était persuadé que nous en verrions certainement ici et là. Son constat après 8 jours est le même : aucun. Le moineau a disparu, en tout cas nous les avons cherchés désespérément.

Évidemment, nous n’avons pas vérifié partout. Les Plans Bruxelles De Rouck répertorient 14.500 noms de rues. Mais là où nous avons circulé, il n’y avait plus un moineau à voir.

Louise, Poelaert, Sablon, chaussées de Charleroi, de Waterloo, de Mons, de Ninove, les parcs, des dizaines de squares, Dailly, Bascule, la Chasse, Vaillance, Miroir, Helmet, Haecht, Basilique, Grand-Place, porte de Hal, canal, Pétillon, Cinquantenaire, Marius Renard, nous n’en finirions pas de citer les lieux visités. Avec partout le même constat, le moineau n’est plus. Pas mal de ramiers, des merles, pies, corneilles, mésanges bleues et jaunes, des perruches et les oies, les poules, les canards et même les grèbes sur les étangs, mais pas un moineau. Pas vu un seul en 8 jours.

Dans le bas du Cinquantenaire niche un couple de pics épeiches. Mais point de moineaux, qui était l’oiseau par excellence de tous les trottoirs de Bruxelles.

Feu Roger Arnhem avait prédit sa disparition. En 1992, une étude évaluait le recul du moineau à Bruxelles à 10 % tous les ans. En 2009, Natagora classait le déclin du moineau domestique en Région bruxelloise en tête des plus rapides dans une liste de 36 espèces.

"Je dois convenir que je n’avais pas remarqué (de ne plus en voir). J’ai joué le jeu et j’ai cherché des moineaux pendant une semaine", dit Dominique Hoste, arrivé au même constat. En 2007, une étude belge liait la raréfaction du moineau de ville au développement des champs magnétiques. Une étude anglaise incrimine l’essence sans plomb et l’ajout du benzène pour maintenir l’indice d’octane. D’autres, les insecticides et les herbicides.

Pour sa part, Dominique Hoste ajoute le chat, grand killer de moineaux, et… l’isolation des bâtiments. Car le moineau niche dans les fissures et les trous; or, isoler consiste à boucher les trous.

On s’asseyait à la terrasse d’un café, il y avait toujours une volée de petits moineaux et c’était au plus malin qui chiperait la plus grosse miette. Ils étaient comiques, à se rouler dans la poussière. Toujours au sol pour trouver leur nourriture, ils se regroupaient dans les buissons qui s’animaient alors de leurs tchips tchips joyeux.

Des lecteurs nous contacteront (gilbert.dupont@dh.be) pour nous certifier en avoir vu quelques-uns. Mais quand nous cessons notre enquête, hier, dimanche au Marché du Midi, nous les cherchions, désespérément, depuis huit jours.

Très peu vu de tourterelles, et fort peu de poussins, nous a-t-il semblé. En fait, en ville, on supprime le ramier et il n’y a quasi plus d’oiseaux.


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