Qui est Chakib Akrouh? Discret Molenbeekois devenu kamikaze!

Le terroriste mort le 18 novembre à Saint-Denis était un Molenbeekois de 25 ans, parti en Syrie en janvier 2013.

Julien Balboni

Le terroriste mort le 18 novembre à Saint-Denis était un Molenbeekois de 25 ans, parti en Syrie en janvier 2013.

Le parquet de Paris a révélé, ce jeudi, l’identité du dernier terroriste des attentats du 13 novembre. Cet homme est le mystérieux troisième membre du commando des terrasses, mort le 18 novembre lors de l’assaut d’un appartement de Saint-Denis par le Raid après qu’il a déclenché sa ceinture d’explosifs, tuant au passage Abdelhamid Abaaoud.

Son nom est tout à fait connu en Belgique : il s’agit de Chakib Akrouh, un Molenbeekois né le 27 août 1990 à Berchem-Sainte-Agathe, condamné à cinq ans de prison, par défaut, le 29 juillet dernier par le tribunal correctionnel de Bruxelles.

Depuis le 28 mai 2014, un mandat d’arrêt international avait été émis par la justice belge à son encontre.

Le 14 février 2013, la Sûreté de l’État l’a mentionné dans une note comme connaissance de Khalid Zerkani, dit Papa Noël, gros bonnet du djihadisme condamné à 12 ans de prison en juillet.

Chakib Akrouh vivait chez ses parents, rue Evariste Pierron, à Molenbeek, soit à deux pas de l’endroit où logeaient Mohamed Abrini, Salah Abdeslam, où travaillait Abdelhamid Abaaoud. À quelques mètres de l’appartement où était logé le tireur du Thalys, Ayoub El Khazzani.

Chakib Akrouh est parti en Syrie il y a trois ans. Il avait pris l’avion le 4 janvier 2013, un aller simple depuis Zaventem vers Istanbul, en compagnie de Gelel Attar, un autre djihadiste.

Avant son départ, il avait pris soin de rédiger un testament qui a été saisi par la police en avril 2013 lors d’une visite domiciliaire.

Dès le mois de février, il posait en photo, armé d’une kalachnikov. Il était suivi par les autorités belges dont les études de téléphonie ont montré qu’il était en contact avec sa famille, via un numéro syrien. Un numéro bien connu pour avoir déjà été utilisé par des combattants belges de la Katiba al Muhajireen, un groupe opposé à Bachar El Assad et brièvement lié à l’État islamique.

En 2014, Soufiane Alilou, djihadiste condamné à huit ans de prison, confirme que Chakib Akrouh a rejoint les rangs de l’État islamique et qu’il combattait toujours en Syrie. Il s’avère, selon le sens du jugement prononcé en juillet 2015 à Bruxelles, que c’est bien Alilou qui a envoyé Chakib Akrouh en Syrie. Entre le 23 novembre 2012 et le jour de son départ, six semaines plus tard, les deux hommes ont échangé 494 communications.

Depuis son départ il y a trois ans, Akrouh a été radié de la liste communale de Molenbeek.

Son identification formelle montre que le fameux commando des terrasses était exclusivement composé de Molenbeekois : Brahim Abdeslam, Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh. Ensemble, ils ont commis 39 assassinats et blessé grièvement 32 personnes, dans les Xe et XIe arrondissements de Paris, le 13 novembre.

Identifié… par un magistrat belge !

S’il a fallu près de deux mois pour identifier formellement Chakib Akrouh, c’est que son corps avait été pulvérisé lors du déclenchement de sa ceinture d’explosifs. Nous apprenons, par une source française, qu‘un magistrat belge a permis son identification. Si le corps d’Akrouh a été endommagé, sa tête est restée plus ou moins intacte. Un cliché en a été pris et envoyé en Belgique. Et c’est ici qu’un magistrat a reconnu ce visage pour l’avoir déjà vu en photo, dans le cadre du dossier de la filière syrienne Zerkani-Abaaoud, jugé le 29 juillet 2015 à Bruxelles. Un prélèvement ADN a été effectué auprès de la mère du kamikaze, qui a permis l’identification formelle de Chakib Akrouh.

Son cousin : "Un type très réservé"

Contacté hier soir par la DH, Abdelghafour n’a pas vu son cousin, Chakib Akrouh, depuis des années. Et pour cause, ce dernier était en Syrie. Il se souvient tout de même d’un jeune homme "qui terminait ses études et était très, très réservé. Pas du tout connu à Molenbeek. De caractère, il était très calme. Tu lui demandais quelque chose, il le faisait direct. Quelqu’un de très serviable, le premier à venir donner un coup de main. C’est quelqu’un que je n’aurais jamais imaginé voir partir en Syrie. Il est parti il y a longtemps. Dans la rue, les gens ne le voyaient plus. C’était un type facile à vivre et c’est peut-être son défaut. Il s’est fait retourner le cerveau", explique le jeune homme.


Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be