Un journaliste de France 3 agressé à Molenbeek: "On était dans une zone de non-droit"

Une perquisition a eu lieu ce matin au domicile de Chakib Akrouh, l'un des terroristes qui a tiré sur des terrasses parisiennes lors des attentats du 13 novembre. Avant l'arrivée des forces de l'ordre, des journalistes ont été pris a partie par des hommes sur le trottoir.

Rédaction en ligne (avec Belga)

Une perquisition a eu lieu ce vendredi matin au domicile de feu Chakib Akrouh, l'un des terroristes qui a tiré sur des terrasses parisiennes lors des attentats du 13 novembre. Avant l'arrivée des forces de l'ordre, des journalistes de France 3 (le correspondant à Bruxelles Pascal Verdeau et son cameraman) et RTL-TVI (le journaliste Jean-Pierre Martin et son cameraman Damien Loumaye) ont été pris a partie par un homme sur le trottoir. "C'est quoi le problème, arrête de filmer, rentre à la maison", entend-on dans la vidéo ci-dessus. "Parlez-nous, s'il vous plaît", demande l'un des journalistes. Mais rien n'y fait, la tension monte. "C'est qui qui a sonné chez moi comme ça? Y'a des gens qui dorment. Dégagez ce micro!", poursuit une voix.

Entre deux appels au calme des reporters, l'un des hommes lance: "Mon frère il est mort, casse-toi." Une personne sortie de l'immeuble donne alors un coup de pied en direction d'une des caméras. Pascal Verdeau témoigne. "Ça a été très violent et très soudain. On ne l'a même pas vu arriver. Le type, visiblement rompu aux arts martiaux, a fait tomber mon caméraman et l'a attrapé par le cou alors qu'il était au sol. J'ai réussi à parer un coup de poing", a dit le journaliste français à FranceTV Info. "Mon sentiment est qu'on était dans une zone de non-droit."

Avant cet incident, les journalistes venaient de sonner au domicile de la famille du terroriste. Ils affirment avoir reçu des projectiles comme des morceaux de tuyau en PVC et une assiette.

Plainte pour coups et blessures

Contacté par LaLibre.be, Laurent Haulotte, directeur de la rédaction et des sports de RTL Belgique précise que le journaliste auteur du sujet s'est rendu chez le médecin, étant donné qu'il a été "bien frappé" et qu'il se trouvait en état de choc. "Nous avons pris contact avec France Télévisions pour avoir un contrechamp."

Les journalistes agressés ont porté plainte pour coups et blessures, a indiqué vendredi après-midi l'Association des journalistes professionnels (AJP) qui précise qu'elle "dénonce l'agression physique" et se constituera partie civile aux côtés des journalistes qui ont déposé plainte

Pour Laurent Haulotte, il ne s'agit pas là d'un incident isolé. "Nos équipes sont régulièrement victimes d'intimidation, même si un coup de pied c'est plus rare. Pourtant notre journaliste n'était pas dans une démarche agressive. Il faisait son travail, il a sonné à la porte et se trouvait sur la voie publique."

Pour sa part, l'AJP "rappelle qu'il n'y a pas de zones de non droit auxquelles les journalistes ne pourraient accéder. Dans les dossiers de terrorisme, comme dans tous les autres, les journalistes ne sont pas des 'ennemis', mais ils tentent, dans des conditions de travail souvent difficiles, de comprendre, d'expliquer les faits et d'informer complètement le public".

"Conditions de plus en plus difficiles"

Dans un communiqué, la rédaction de RTL témoigne par ailleurs de sa "profonde indignation face à cette agression physique qui constitue une atteinte inacceptable à la liberté de la presse". La chaîne précise que, "malgré cet incident grave et des conditions de travail de plus en plus difficiles dans certains quartiers, [sa] rédaction continuera à mener son travail et sa mission d’information."


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