Scandale à Puurs: Des infirmières d’un home photographiaient des résidents séniles

Avec des couches culottes sur la tête. Et les photos étaient postées sur Facebook. Le parquet a ouvert une instruction.

Gilbert Dupont
Reportage in a state nursing home in Haute-Savoie, France. Reporters / BSIP
Reportage in a state nursing home in Haute-Savoie, France. Reporters / BSIP ©Reporters / BSIP

Avec des couches culottes sur la tête. Et les photos étaient postées sur Facebook. Le parquet a ouvert une instruction.

La presse flamande révélait ce week-end le scandale qui frappe à Puurs (province d’Anvers) six infirmiers et infirmières de la maison de repos et de soins Sint-Pieter, un établissement qui relève du CPAS local.

Les six sont tous licenciés pour faute grave : ils avaient créé un groupe de discussion fermé sur Facebook et posté des photos dégradantes de résidents atteints de démence sénile. Des photos montraient plusieurs pensionnaires dans des moments intimes, au moment du déshabillage, pendant la toilette, dévêtus, sur le WC, ou encore avec des couches-culottes sur la tête.

Dès qu’il a été informé , l’établissement, dont la réputation est excellente, a convoqué les infirmiers et infirmières concernés pour signifier à chacun leur licenciement sans préavis pour faute grave.

Les photos circulaient depuis plusieurs mois, les premières apparemment déjà depuis le début de l’année. Pour le CPAS, qu’elles aient été postées sur un groupe fermé (uniquement accessible à ses membres) ne change rien à l’affaire.

Comment les a-t-on trouvées ? Il se fait qu’un des infirmiers est en plein divorce; c’est son ex-épouse - elle-même infirmière dans un autre établissement - qui les a découvertes dans l’ordinateur de son ex-mari.

On a trouvé des photos d’au moins sept résidents du home. La direction relève que les infirmières photographiaient les cas les plus lourds, des résidents incapables de se défendre.

Un septième membre du personnel est en cause. L’infirmier recruté dernièrement faisait partie du groupe d’amis. S’il n’est à l’origine d’aucune des photos, il lui est reproché, les ayant vues, de ne pas les avoir dénoncées.

En outre, le CPAS a porté plainte au parquet de Malines.

Porte-parole, la substitute Nele Poelmans précise qu’une instruction pénale est ouverte pour "traitement inhumain et dégradant". Les sept infirmiers et infirmières ont déjà tous été perquisitionnés. La police a saisi leurs ordinateurs, smartphones et clés USB.

Car l’enquête n’exclut pas qu’une ou des vidéos aient aussi été filmées montrant également des pensionnaires dans des situations inappropriées.

Le home du CPAS de Puurs accueille 92 résidents et un nombre comparable de collaborateurs.

Aucun ne trouve la moindre excuse à leurs collègues.

Ils tiennent à le faire savoir et à se démarquer. Ces bons professionnels craignent que le scandale retombe sur eux.

Les photos ont été montrées aux proches des sept retraités. Les familles ont pu voir comment leur père, leur mère avaient été photographiés et quels clichés honteux étaient postés sur Facebook. Ces familles sont choquées. Pour elles, la sanction du licenciement est insuffisante.

Selon le procureur du roi, les six infirmiers et infirmières en cause risquent la peine de 2 ans d’emprisonnement.

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