Agression mortelle d’un ancien postier: 12 ans ferme

Deux des trois auteurs ont été lourdement condamnés quatorze ans après les faits.

Sébastien Monmart
Agression mortelle d’un ancien postier: 12 ans ferme
©D.R.

Deux des trois auteurs ont été lourdement condamnés quatorze ans après les faits. Il y avait quatorze ans jour pour jour ce jeudi que José Dejimbe, ancien postier d’Onhaye, avait été sauvagement agressé à son domicile par plusieurs individus. L’homme a été roué de coups, traîné dans son habitation, puis a de nouveau été frappé. Un coup fatal lui a été porté avec un gros vase en verre avant d’être laissé pour mort. "Il avait des hématomes et des contusions sur tout le corps, des vertèbres cervicales brisées. Avec ce nombre de coups, leur violence et le fait d’avoir abandonné la victime, les auteurs ont voulu le tuer", commentait le parquet de Namur.

Ce vendredi, cela fait également quatorze ans qu’il aura perdu la vie des suites de ses blessures. Son corps avait été découvert par sa cousine, au lendemain de son agression. Il baignait dans une mare de sang.

Hasard du calendrier, deux de ses trois agresseurs - le troisième étant décédé - Rodrigue M. et Ludovic P. ont été condamnés hier par le tribunal correctionnel de Dinant à douze ans de prison après une longue enquête et de multiples détours judiciaires. Ils étaient poursuivis pour vol avec violence avec la circonstance aggravante de meurtre pour faciliter le vol.

Leur arrestation immédiate n’a pas été ordonnée.

Lors de l’audience du 2 février dernier, Rodrigue M. et Ludovic P. ont contesté les faits mis à leur charge, comme ils l’ont toujours fait jusqu’à présent. Ou presque. Ils ont chacun, à un moment de l’enquête, reconnu une ou plusieurs fois avoir été présents chez la victime et avoir participé aux faits.

Des détails précis ont été donnés concernant les scènes de coups, la fouille de la maison ou encore sur la présence du fameux vase. Des déclarations qui ont suffi, même si les prévenus sont revenus dessus, à orienter les trois juges qui siégeaient.

Dans son jugement , le tribunal a tenu compte du dépassement du délai raisonnable qui a permis de prononcer une peine de prison en dessous du minimum légal. Il a également tenu compte de la gravité des faits, du calvaire que les auteurs ont fait subir à la victime et de leur personnalité.

"Pour une fois, la justice est à peu près juste"

La première fois que Rodrigue M. et Ludovic P. ont comparu en correctionnelle à Dinant c’était le 22 janvier 2013. Soit quasiment dix ans après les faits. L’ex-épouse de la victime, Françoise Woillard a suivi l’évolution du dossier et a été présente à tous les rendez-vous judiciaires, malgré le découragement.

D’abord avec, puis sans avocat, faute de moyens financiers. "Je crains que mon mari soit mort pour rien…", lâchait-elle lors de l’audience. Ses craintes ont été apaisées à la lecture du jugement. En pleurs, visage caché dans sa veste, elle a écouté la longue motivation du tribunal avant de se confier. "Je n’y connais pas grand-chose à la justice. Je ne sais pas combien ils auraient pu prendre mais je suis satisfaite. 12 ans de prison c’est bien. Enfin, c’est bien… Ça ne fera quand même jamais revenir José mais pour une fois la justice est à peu près juste. Je ne sais pas si cela va m’aider à tourner la page, c’est difficile de savoir comment on va réagir. Je m’attends à ce que ne soit pas terminé mais je continuerai à suivre cette affaire jusqu’au bout. Même s’ils vont en appel (NdlR : ce qui est probable vu les déclarations des avocats de la défense), ce jugement donne une première orientation."

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be