Menacé par la police lors de la manif anti-Otan : "C’est pas grave, tu vas avoir 3.000 volts"

La police a utilisé la menace du Taser lors de la manifestation anti-Otan et anti-Trump à Bruxelles jeudi passé.

Gilbert Dupont

La police a utilisé la menace du Taser lors de la manifestation anti-Otan et anti-Trump à Bruxelles jeudi passé.

Lors du récent sommet de l’Otan et la présence de Donald Trump jeudi passé à Bruxelles, la police a menacé de faire usage de Taser à impulsions électriques de 3.000 volts. La menace a été filmée par un militant qui se trouvait à ce moment perché à plusieurs mètres, sur un portique où des banderoles "No Nato" étaient déployées.

La scène est filmée par un militant, Hugo Périlleux Sanchez. Il enregistre le policier que l’on entend distinctement dire : "C’est pas grave, hein, tu vas avoir 3.000 volts."

Juste avant d’être filmé, le policier avait prononcé le mot "Taser" que Hugo Périlleux essaie de lui faire répéter, et le policier ne tombe pas dans le piège. Il demande au contraire à cesser de le filmer et comme Périlleux n’obtempère pas, lui prend l’appareil des mains, fait le geste de le jeter, ne le fait pas mais coupe le smartphone et le rend intact à Hugo Périlleux.

Membre d’Ecolo, ce dernier s’inquiète d’une telle menace claire d’utilisation par la police de pistolets à impulsions électriques qu’on appelle aussi foudroyeurs.

Menace d’autant plus étonnante qu’à l’Otan jeudi passé, les manifestants n’ont fait montre d’aucune violence. Aucun n’était en possession d’armes d’aucune sorte et aucune des 140 interpellations n’a débouché sur des arrestations judiciaires. Les 140 sont restées des arrestations administratives.

Un des dirigeants en charge du maintien de l’ordre de la semaine passée le confirme : "C’était une manifestation bon enfant […] extrêmement pacifique."

La police de la zone Bruxelles-Capitale-Ixelles est très claire sur l’usage des Taser lors des manifestations : "Non seulement notre zone n’en possède pas, mais nous ne sommes pas demandeurs d’acquérir des Taser. Les seules zones bruxelloises à en disposer, en phase de test, sont celles de Bruxelles Ouest (Molenbeek, Jette, Koekelberg, Ganshoren, Berchem-Ste-Agathe) et Bruxelles Midi (Forest, Saint-Gilles, Anderlecht). À Bruxelles, nous ne sommes pas intéressés à avoir des Taser. Le Taser, c’est la dernière option."

Selon Hugo Périlleux Sanchez, le policier qui menaçait d’utiliser des shockers de 3.000 volts était en civil et ne portait pas de nominette permettant de l’identifier. Selon lui, ce sont les unités spéciales qui les utiliseraient pour les déloger du portique sur lequel ils étaient perchés. "Nous étions à plusieurs mètres du sol."

Parmi eux se trouvaient plusieurs militantes. Selon Hugo Périlleux, celles-ci se plaignent d’avoir essuyé des "réflexions sexistes".

Aucun Taser n’a finalement été utilisé. Par la suite, les policiers "se sont montrés corrects". Si certains se plaignent d’un serrage excessif des menottes lorsqu’ils furent embarqués, tous conviennent qu’ils furent traités convenablement lors de la mise en cellule, aux casernes d’Etterbeek. Mais du matériel coûteux (de grimpe notamment, cordes, mousquetons) fut confisqué, et n’a toujours pas été restitué.


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