"Endoctrinés par la propagande de l’EI"

Les membres de la filière djihadiste sollicitent le sursis, voire l’acquittement.

Frédéric Dubois
"Endoctrinés par la propagande de l’EI"

Les membres de la filière djihadiste sollicitent le sursis, voire l’acquittement.

C’est parce que Nawel Z. s’est disputée violemment avec sa famille, au point de la menacer de mort, que les enquêteurs se sont intéressés à cette jeune Jumétoise et à son mari, Albin M., au lendemain des attentats de Paris. En quelques mois, le couple s’était radicalisé au point de vouloir se rendre en Syrie et de participer à des groupes de discussion sur Telegram à propos du djihad et de l’État islamique. Sept personnes se retrouvent finalement devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour participation à une organisation terroriste. Et certains d’entre eux voulaient commettre des attentats en Europe…

La semaine dernière , le parquet fédéral a requis des peines d’un an avec sursis à sept ans fermes, notamment pour Albin M., considéré comme dirigeant. Une qualité que Me Puccini, conseil du jeune individu, a contestée. "Il a peut-être écrit des prêches et géré des groupes de discussions, notamment sur les mariages, mais il n’a jamais donné d’ordre, ni pris des décisions. C’est un suiveur. Ce qu’il voulait, c’était se rendre en Syrie pour combattre Bachar El Assad. S’il a rencontré Inès Madani (NdlR : qui voulait commettre un attentat près de Notre-Dame) à Paris, c’est parce qu’il cherchait des passeurs. Les attentats, il y est fondamentalement opposé."

Me Puccini a également rappelé que son client était un ancien chrétien converti à l’islam depuis son mariage avec Nawel Z. "Et c’est en cherchant des infos sur sa nouvelle religion qu’il s’est laissé endoctriner par la propagande de l’EI. Aujourd’hui, il est revenu de ces idées extrémistes et cherche à se réintégrer dans la société." L’avocat a donc sollicité un sursis probatoire strict.

Me Lauvaux a demandé une faveur identique pour Nawel Z., cette jeune maman diplômée en communication qui a rendu un mémoire… sur les droits de la femme. Aujourd’hui apprêtée à l’occidentale, elle s’était radicalisée au point de porter la burqa. "Mais elle était entre deux feux : encourager son mari à se rendre en Syrie ou rester auprès de ses enfants. Elle a d’ailleurs envoyé des appels à l’aide à sa famille."

Conseil de Youness B., Me El Abouti a, pour sa part, plaidé l’acquittement. Déjà condamné pour terrorisme, le prévenu a contacté des combattants en Syrie alors qu’il était sous bracelet et s’est marié religieusement à la fille de l’échevin molenbeekois El Khannoussi. Un acte préparatoire au djihad selon le parquet, rien de suspect selon la défense. L’avocat a également contesté le rapport d’expertise qui qualifie Youness de "radicalisé irrécupérable". Suite dans une semaine.

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