En prison… une semaine sur deux !

La nouvelle mesure choc de Geens : accorder des congés prolongés aux détenus pour diminuer la population carcérale.

Nawal Bensalem
Minister of Justice Koen Geens pictured during a meeting of the Justice Commission, in Brussels, on Wednesday 23 November 2016, at the Federal Parliament in Brussels. Today there are questions on the case of Belgian-Zazakh businessman Patokh Chodiev for Justice Minister. BELGA PHOTO BRUNO FAHY
Minister of Justice Koen Geens pictured during a meeting of the Justice Commission, in Brussels, on Wednesday 23 November 2016, at the Federal Parliament in Brussels. Today there are questions on the case of Belgian-Zazakh businessman Patokh Chodiev for Justice Minister. BELGA PHOTO BRUNO FAHY ©BELGA

La nouvelle mesure choc de Geens : accorder des congés prolongés aux détenus pour diminuer la population carcérale.

Nous sommes parvenus à nous procurer en exclusivité une note interne aux établissements pénitentiaires qui annonce des changements pour le moins interpellants dès le jeudi 6 juillet prochain dans les prisons belges.

À partir de cette date, une mesure choc entrera en vigueur : celle des congés pénitentiaires prolongés.

Les instructions à cet égard ont été adressées à tous les directeurs de prison et viennent directement du ministre de la Justice, Koen Geens. Contacté par nos soins, le porte-parole du Premier ministre, Charles Michel, nous précise que ces mesures ont été validées par le reste du gouvernement. "Ce sont des prérogatives du ministre de la Justice qui peut, comme cela a déjà été le cas plusieurs fois dans le passé, prendre des mesures visant à réduire la surpopulation", ajoute Frederic Cauderlier.

Concrètement, le ministre de la Justice Koen Geens invente la détention une semaine sur deux. Les détenus qui étaient autorisés jusqu’ici à prendre maximum trois fois 36 heures de congés, soit quatre jours et demi dehors, pourront rentrer chez eux une semaine sur deux ! "Le congé est accordé par périodes alternatives de 7 jours (7 jours de congé, 7 jours de détention)", précise la note interne envoyée aux directions d’établissements.

Sont visés par cette nouvelle mesure les détenus qui ont déjà bénéficié d’un cycle réussi de trois fois 36 heures, accordés dans le cadre des compétences du ministre, et qui ont accepté les conditions classiques des congés comme le fait de ne pas se rendre à l’étranger, etc.

Des "congés prolongés" comme les appelle le ministre, dont quatre catégories de détenus sont automatiquement exclus : "Les condamnés qui ressortent d’une des quatre catégories reprises dans les instructions particulières relatives à l’extrémisme; les condamnés qui subissent une ou plusieurs peines pour des faits de mœurs; les condamnés dont le montant total des peines excède 10 ans d’emprisonnement principal effectif et enfin, les condamnés qui subissent une peine de réclusion criminelle", lit-on toujours dans cette note interne.

Enfin, pour " maximaliser" les effets de cette mesure, il est demandé aux directeurs de prison de placer les détenus bénéficiant de ces congés prolongés dans les mêmes cellules. "Ils les occuperont à tour de rôle. Lorsqu’un détenu sera en prison, l’autre sortira et ainsi de suite. Ils alterneront pour l’occupation de la cellule".

Une mesure interpellante donc, destinée à réduire la surpopulation carcérale de certains établissements. Mais en réalité, les détenus étant en mesure de bénéficier de ces congés se trouvent pour la plupart dans des prisons ne souffrant pas d’un manque cruel de places. Seul le chiffre global des détenus diminuera. Les maisons d’arrêt, elles, ne devraient donc retirer aucun effet positif de ce nouveau système.

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