Flashé en gros excès de vitesse par un Lidar et… acquitté !

Voilà la faille que l’avocat Christophe Redko a trouvée et dont les services de police vont devoir tenir compte.

Flashé en gros excès de vitesse par un Lidar et… acquitté !
©DEMOULIN BERNARD

Voilà la faille que l’avocat Christophe Redko a trouvée et dont les services de police vont devoir tenir compte.

Nous connaissons tous le Lidar, ce super radar devenu depuis six ans le cauchemar des automobilistes au pied lourd.

Cent pour cent automatique, utilisant un laser qui peut balayer son environnement 75 fois par seconde et flasher (sans flash) dans les deux sens jusqu’à trois bandes de circulation en même temps.

L’arme absolue ? Sauf que le tribunal vient d’acquitter un automobiliste en gros excès de vitesse flashé en agglomération par un Lidar.

"Une première" , croyait pouvoir indiquer hier son conseil, l’avocat spécialisé Christophe Redko. Celui-ci a donc déniché une faille dont les services de police vont devoir tenir compte.

La faille ne tient pas à l’appareil, dont les performances et la qualité ne sont pas remises en cause. Mais à l’utilisation du Lidar : bien qu’étalonné, chaque appareil doit aussi être vérifié, approuvé tous les mois par un installateur/formateur certifié.

Et pourtant, dans ce cas précis, l’appareil avait été vérifié cinq jours plut tôt.

L’excès de vitesse contesté avait été constaté le 2 mai 2017 après-midi à Woluwe-Saint-Lambert, à l’entrée d’un tunnel sur le boulevard Brand Whitlock en direction d’Ixelles.

Vitesse limitée à 50 km/h. Le Lidar avait flashé la BMW Série 3 à 91 km/h, ramenés à 85.

Ce n’est pas sans raison que ces radars doivent être vérifiés tous les mois. Le Lidar, qui fonctionne automatiquement, est disposé près de la chaussée dans un boîtier susceptible de subir des déplacements au passage des véhicules, des bus, des poids lourds, et de la météo, coups de vent et intempéries. Les déplacements peuvent affecter son fonctionnement.

Le Lidar du boulevard Brand Whitlock avait donc encore été vérifié le 27 avril par un formateur certifié de SecuRoad, le fabricant. Sur la base de quelle procédure d’approbation ?

L’avocat Redko a relevé que le vérificateur avait appliqué les prescriptions détaillées dans le manuel relatif au modèle 1300901-B-08 du service métrologie du SPF Économie.

Or le Lidar utilisé nécessitait de suivre les prescriptions 1300901/01-B-08k, une variante du précédent.

Entre les deux, la différence tient dans le "slash 01" . Le tribunal a demandé au fabricant de l’expliquer : ces appareils subissent des évolutions qui nécessitent des adaptations et une nouvelle mouture de la procédure d’approbation. Adaptations pas forcément importantes, mais adaptations néanmoins.

Pour le tribunal, le Lidar n’avait donc pas été vérifié correctement ; le vérificateur a employé une procédure obsolète qui empêche d’être assuré que le Lidar fonctionnait valablement. La preuve du 91 km/h n’est pas fiable. L’automobiliste est acquitté.

La décision a été prononcée en septembre par le tribunal de police francophone de Bruxelles. Me Redko a voulu attendre l’écoulement des délais d’appel pour la communiquer. Le parquet s’est incliné. Il n’a pas interjeté appel.

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