61 millions, 200 victimes, des prostituées et un concert de Bon Jovi

Un baron liégeois risque de devoir passer six ans derrière les barreaux.

Bon Jovi In Concert - Madrid
©Reporters / Abaca

Un baron liégeois risque de devoir passer six ans derrière les barreaux.

Le baron et administrateur de sociétés Bauduin van Aerssen Beyeren, 71 ans, de Liège, comparaît ce matin devant le tribunal de Tongres qui le juge pour avoir monté une escroquerie entre 2006 et 2011 qui aurait fait 200 victimes pour un montant de 61 millions d’euros.

L’affaire ayant éclaté il n’y a pas loin de neuf ans, Bauduin van Aerssen, qui l’a été, n’est plus détenu. Il y a quelques semaines, il participait au Maroc à une réunion d’affaires sur un projet immobilier de 800 millions d’euros. La réunion a tourné court. Le baron belge s’est levé et a claqué la porte, visiblement furieux, en lançant : "Et quoi, vous me prenez pour un escroc ?"

Au procès, le baron liégeois risque la peine de 6 ans d’emprisonnement et 10 ans d’interdiction professionnelle.

Van Aerssen est suspecté d’avoir été l’organisateur et tête pensante de l’escroquerie montée autour de 18 sociétés dont la société suisse de Fribourg BvB Development SA, une autre société de droit suisse et 16 autres par lesquelles auraient transité l’argent. Avec un bras droit, des courtiers prétendument agréés et quelques prête-noms, le projet était de convaincre des clients belges et hollandais fortunés d’investir dans leur système qui proposait des produits financiers à rendements élevés, entre 12 et 50 % (avec capital garanti et assurance soi-disant chez Allianz). La mise minimale était de 500 000 euros.

Selon la justice, il s’agissait en fait d’une chaîne pyramidale de Ponzi, un montage frauduleux consistant à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants, jusqu’à ce qu’à ce que cela craque. Dès le 28 juin 2011, l’Autorité des services et marchés (FSMA) mettait le public en garde contre les activités de BvB Development et de son administrateur Bauduin van Aerssen Beyeren.

Van Aerssen promettait par écrit de rembourser les plaignants. Ceux-ci n’ont jamais rien reçu. En Belgique, selon le parquet, leur argent aurait été investi dans des maisons de repos, dépensé avec des prostituées, aurait servi à l’achat de véhicules de luxe et à faire venir Bon Jovi à Bruxelles pour un concert privé.

La peine de 6 ans réclamée est sévère pour le baron van Aerssen, très diminué par une attaque cérébrale. Six comparses risquent 5 ans, 40 et 12 mois d’emprisonnement avec à chaque fois une interdiction professionnelle d’au moins 5 ans.

Il y a peu, Bauduin van Aerssen se présentait comme trader à Marrakech, pour un projet (qui a capoté).

Il affirmait travailler sur d’autres en RDC et en Argentine.

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