L'ancien truand Alain Moussa balance les noms de deux anciens gangsters: "Ce sont deux des tueurs du Brabant"

L'ancien truand Alain Moussa accuse à nouveau deux anciens membres de la bande De Staerke d'être les tueurs du Brabant.

L'ancien truand Alain Moussa balance les noms de deux anciens gangsters: "Ce sont deux des tueurs du Brabant"
©BELGA

Banditisme "Je parle pour garantir ma sécurité", mais ces accusations ne sont pas neuves.

Depuis le week-end, en commençant par Facebook vendredi suivi samedi par un communiqué diffusé aux médias, un ancien truand, Alain Moussa, accuse deux anciens complices, Philippe De S. et Dominique S., d’avoir été deux membres de la bande des tueurs du Brabant responsable de vingt-huit assassinats entre 1982 et novembre 1985. Le gangster âgé maintenant de 70 ans fait ces déclarations après avoir été entendu jeudi par la PJF de Nivelles, dit-il.

Les accusations ne sont pas neuves. Alain Moussa nous les avait déjà servies, dans les années 2000. Moussa, De S. et Dominique S. faisaient partie d’une bande, appelée bande De Staerke, qui, dans les années 1980, commettait des vols à main armée contre les banques et bureaux de poste, principalement en Flandre, sans effusion de sang.

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Les accusations répétées d’Alain Moussa ont été vérifiées en long et en large. Pour les enquêteurs, la piste est refermée depuis que Philippe De S., inculpé pour le fait du Delhaize d’Alost où huit personnes trouvèrent la mort, a bénéficié d’un non-lieu. De S. a même fait condamner la Belgique, à Strasbourg.

Pourquoi Moussa revient-il maintenant à la charge et quelles seraient les "preuves" qu’il prétend détenir ?

Derrière le coup médiatique du week-end intervient un certain Daniel B. que l’on sait proche d’Alain Moussa. Hier dimanche, Daniel B. levait un coin du voile. Dans lequel intervient selon lui l’ancien directeur de prison Jean B. décédé il y a peu au Mozambique.

Selon Daniel B., Alain Moussa affirme que le directeur Jean B. faisait sortir Philippe De S. de prison pour lui permettre de "commettre ses saloperies", et puis De S. rentrait ni vu ni connu, disposant ainsi d'un alibi grâce auquel il aurait été disculpé et obtenu le non-lieu.

Moussa revient sur les 4 armes saisies, à l'époque, dans son appartement, rue Drootbeek, à Laeken. Deux, dit-il, appartenaient à De S. "Ces armes, si elles ont été conservées, peuvent encore parler." Les deux autres, un "357 chromé et une sorte de riot gun, appartenaient à Moussa".

Moussa affirme aujourd’hui (plus de 35 ans après, NdlR) "avoir conduit Philippe De S. à Braine-l’Alleud (où l’attaque d’un supermarché Delhaize fit de nombreuses victimes). Alain Moussa s’en souvient très bien maintenant car il était passé sur un petit pont de bois", relate Daniel B.

Moussa, poursuit ce dernier, affirmait encore ceci jeudi dernier lors de son audition à Nivelles : "Philippe De S. m'a demandé de participer à des attaques de magasin sanglantes. J'ai refusé de tuer des familles et des enfants innocents."

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Ensuite, Moussa fait état d’un incident à peine croyable. Il affirme qu’après un hold-up, alors qu’ils se trouvaient sur une autoroute, Philippe De S. et lui, armés jusqu’aux dents, auraient été bloqués dans un barrage en entonnoir de la gendarmerie accompagnée de militaires. "Moussa s’est dit : Nous sommes marron, on est foutus. De S. l’aurait rassuré : mais non, pas de souci, tu vas voir cela. Il s’arrête donc à hauteur des gendarmes qui regardent à l’intérieur, voient distinctement que nous sommes armés et nous font signe que nous pouvons continuer la route. Là, Moussa a compris que De S. avait d’importantes protections."

Tout cela paraît aujourd’hui totalement invraisemblable. C’est pourtant ce qu’affirme Moussa, selon Daniel B.

Celui-ci ajoute avoir reçu un message de Philippe De S., en guise de réaction après ces "révélations". Le message disait simplement : "Merci, joyeux Noël." Il l'interprète comme de l'intimidation. Il en déduit aussi qu'il y aurait donc eu des fuites du côté des services de police.

Pourquoi maintenant ? Moussa fait allusion à la démarche d'une boîte de production basée au Luxembourg, qui l'aurait contacté. Un rendez-vous aurait eu lieu à Zaventem, près de l'aéroport, "avec des cameramen et deux filles" qui lui "auraient proposé de l'argent pour ces révélations". Daniel B. ajoute que Moussa parle pour garantir sa sécurité. "Il parle parce que quand tout est dit et que tout le monde est au courant, tu ne risques plus rien. C'est quand on sait que tu vas balancer que tu es en danger. Et ce serait une preuve de plus si on le retrouvait mort."

Moussa a beaucoup consommé de la cocaïne. Là, il affirme n’avoir plus pris de drogue depuis presque un an, et assure être sain de corps et d’esprit, et n’avoir pas d’idées suicidaires. On reste sceptique. Très.

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