Procès du "violeur de la Sambre": "Je ne suis pas une héroïne", témoigne la dernière victime de Scala

"Je ne suis pas l'héroïne qui a conclu cette histoire, il n'était pas assez prudent, tant mieux": la jeune Belge qui a permis de faire tomber Dino Scala, le "violeur de la Sambre", a témoigné très émue mardi devant les assises du Nord.

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Procès du "violeur de la Sambre": "Je ne suis pas une héroïne", témoigne la dernière victime de Scala
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En février 2018, l'adolescente de 15 ans, écouteurs sur les oreilles, longe les voies ferrées pour se rendre à l'école à Erquelinnes, localité belge proche de la frontière française.

Dino Scala est accusé d'y avoir commis huit viols ou agressions sexuelles, examinées mardi par la cour, sur les 56 pour lesquels il comparaît.

Elle voit "une ombre sur le sol" qui "commence à la suivre", puis, sent "quelqu'un l'attraper". "J'ai commencé à me débattre et j'ai senti un couteau, il m'a dit +ferme ta gueule ou je te tue+".

L'homme passe sa main sous son pull, dans son soutien-gorge, lui dit qu'il en "a besoin".

"J'ai dit +Monsieur, faut que vous me lâchiez, j'ai mon bus à prendre+, mais il continue". Pour finir, "il dit qu'il allait me laisser partir" et "il est parti".

Elle court alors vers la gare, raconte les faits à un chauffeur du bus qui prévient la police. "Je tremblais tellement, je ne pouvais pas utiliser mon téléphone", se rappelle-t-elle.

Parler "tout de suite"

Les images de vidéosurveillance permettront d'identifier le véhicule de l'accusé, et son arrestation après un parcours de 30 ans.

Depuis le début du procès, plusieurs victimes ont remercié la jeune femme pour avoir permis l'interpellation. "Certes, je suis la dernière, mais je ne suis pas une héroïne", affirme-t-elle.

"C'est parce que vous avez parlé tout de suite que les choses ont pu avancer", lui répond Caty Richard, avocate de trois parties civiles.

Selon l'accusé, qui n'a assumé qu'une partie des faits pour lesquels il est jugé, il n'y aurait pas eu de victimes entre 2012 et cette dernière agression en 2018.

"Vos obsessions se sont tues pendant six ans?", questionne l'avocat général. "Oui, terminé", mais ce jour de 2018, "c'était reparti".

Pourquoi la Belgique, après avoir sévi en France, "vous avez changé de terrain de chasse?" demande aussi le président à l'accusé, qui vivait près de la frontière.

"On peut dire ça comme ça", répond, sans s'étendre, cet ancien ouvrier de 61 ans.

"Je pense que je n'en guérirai jamais", témoigne des larmes dans la voix une autre jeune femme belge, violée dans une remise en 2009, à 15 ans.

Il est accusé de lui avoir placé un couteau sous la gorge, lui ordonnant d'arrêter de pleurer. "Il m'a crié +ta gueule ou je te défonce, ta gueule ou je te tue+", rapporte-t-elle.

"Un taré de moins"

La victime affirme avoir ensuite vécu des relations "toxiques, destructives, s'être "auto-détruite".

Elle espère aller "mieux après le procès". Quand il a été arrêté, "je me suis dit +tant mieux un taré de moins dans la nature+".

Jugé jusqu'au 1er juillet, l'accusé a plus tôt dans la matinée avoué avoir mené, "pendant des années" des repérages à Erquelinnes pour trouver ses victimes.

Pour plusieurs autres femmes entendues depuis l'ouverture de son procès, il avait au contraire affirmé avoir frappé au hasard.

Accusé par une habitante d'Erquelinnes, 64 ans aujourd'hui, de lui avoir volé 100 euros en l'agressant à son domicile en 2005, il a reconnu l'agression "à but sexuel", mais nié le vol.

"On a l'impression que ça vous touche plus qu'on vous accuse d'avoir pris 100 euros que d'avoir commis 56 viols ou agressions sexuelles", l'avait interpellé le président. Réponse: "c'est anecdotique, mais c'est important pour moi".

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