Et maintenant le procès des attentats de Bruxelles en ligne de mire: pourquoi le défi logistique sera immense

Le plus grand procès de l’histoire du pays débute cet automne et constitue un gigantesque défi organisationnel.

Et maintenant le procès des attentats de Bruxelles en ligne de mire: pourquoi le défi logistique sera immense
©Belga

Avec près d’un millier de personnes qui se sont constituées partie civile, le procès des attentats de Bruxelles, qui débutera cet automne, est le plus important procès de l’histoire du pays. Dix accusés devront répondre de participation aux activités d’un groupe terroriste ainsi que d’assassinats et de tentatives d’assassinat dans un contexte terroriste.

Afin d’organiser au mieux les audiences, un groupe de travail a été mis en place par le parquet fédéral, chargé des affaires de terrorisme. Le collectif d’avocats de l’ASBL Life4Brussels, qui regroupe 270 parties civiles parmi les 546 victimes membres de son association, a fait parvenir un courrier au parquet afin de leur faire remonter une série de questions provenant des victimes, mais aussi dans le but de veiller au respect strict de plusieurs aspects sensibles.

Lors des audiences de la chambre des mises en accusation, qui se sont tenues en 2021, plusieurs problématiques ont été mises en évidence. Il convient donc de ne pas répéter ces erreurs lors de ce procès-fleuve qui s’étalera sur une période allant de 6 à 9 mois.

"Il est impératif d'organiser des salles de repos différentes pour les accusés et les parties civiles afin d'éviter que ceux-ci ne se croisent. Ainsi, lors de l'audience de la chambre des mises en accusation, les frères Farisi (accusés de complicité dans l'attentat de Maelbeek, NdlR) qui comparaissaient libres se sont retrouvés dans la même salle de repos que les victimes, ce qui a suscité beaucoup de stress. Un papa qui a perdu son fils lors des attentats s'est ainsi retrouvé aux toilettes face à l'un des frères Farisi. Une victime membre de notre association a, elle, gentiment proposé une pièce de monnaie à un autre des frères Farisi pour s'acheter un café, car la machine ne semblait pas vouloir accepter de carte", explique Jamila Adda, présidente de Life4Brussels.

En termes de mobilité, aussi, les défis sont importants. La cour d'assises siégera, pour l'occasion, dans les anciens bâtiments de l'Otan à Haren et l'accès pour les PMR n'est pas aisé. "Le parking est éloigné de la salle d'audience, il faut marcher longtemps, passer la sécurité, passer un contrôle d'identité, et encore marcher avant de devoir s'inscrire à quelques mètres de la salle d'audience, pour finalement y accéder. Les personnes présentes lors des audiences de la chambre des mises en accusation devaient indiquer au préalable si elles désiraient une chaise roulante ou non, mais certaines victimes se déplaçant avec des béquilles et qui n'avaient pas prévu un trajet aussi long entre le parking et la salle d'audience n'ont pas pu bénéficier d'une chaise roulante, car il n'y en avait pas. Il faut aussi penser à ces aspects-là pour assurer un procès en toute sérénité", précise Jamila Adda.

La présidente de Life4Brussels assure qu'elle "a toute confiance au parquet pour que ce procès se déroule au mieux. Celui-ci a jusqu'à présent accompli un travail titanesque avec énormément d'humanité et d'attention à l'égard des victimes."

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be