Une médecin prise en otage par sa patiente, l’Absym consternée: "Les cas d’agression contre des médecins s’accumulent dangereusement"

L’Absym demande des mesures fortes à la ministre de l’Intérieur après les agressions en hausse contre les prestataires de soins.

Une médecin prise en otage par sa patiente, l’Absym consternée: "Les cas d’agression contre des médecins s’accumulent dangereusement"
©Alexis Haulot

Lundi, un médecin généraliste de Zulte, en province de Flandre-Orientale a été victime d’une prise d’otage avec violence physique par une patiente. L’Absym, l’Association belge des syndicats médicaux réagit avec consternation à ce énième cas d’agression grave à l’encontre d'un soignant.

"La nouvelle concernant la consœur qui a été prise en otage et menacée avec un couteau pendant une heure lors d'une visite au domicile d'une patiente à Waregem est choquante, regrette Johan Blanckaert, président de l'Absym. Les cas d'agression contre des médecins et autres soignants dans l'exercice de leur profession s'accumulent. L'agression brutale d'une infirmière au début du mois à l'hôpital Jan Palfijn à Merksem est encore bien présente dans les mémoires."

La prise d'otage de Waregem a eu lieu lors d'une visite à domicile en plein jour. "Comme souvent, l'auteur de la violence fait partie de la patientèle du soignant. Ce qui s'est passé lundi rappelle malheureusement le meurtre lâche perpétré contre le médecin généraliste Patrik Roelandt, également en visite au domicile d'un patient", poursuit Johan Blanckaert.

Pour rappel, Patrik Roelandt a été assassiné en 2015 par un patient déclaré par la suite psychopathe, qui a écopé d’une peine de trente ans de prison. Depuis lors, le prix Patrik Roelandt est décerné chaque année aux postes de garde qui lancent des initiatives concrètes pour accroître la sécurité des médecins généralistes.

Malgré cette initiative, le nombre d'actes de violence à l'encontre des prestataires de soins a augmenté de plus de 30 %. Un phénomène qui s'est encore accentué avec la crise sanitaire. "La crise a mis en danger les personnels de santé à un moment où on avait le plus besoin d'eux. Nombre d'entre eux ont été insultés, harcelés ou victimes de violences physiques. Dans ce climat de peur souvent aggravé par un manque d'équipements de protection individuelle adéquats, les soignants ont été soumis à une pression supplémentaire qui a eu un impact sur leur santé mentale et physique et sur celle de leurs familles, déplore Maciej Polkowski, membre du comité international de la Croix-Rouge CICR. Tandis que les systèmes de santé de nombreux pays sont débordés, ces attaques ont des répercussions catastrophiques sur l'accès aux soins et sur leur fourniture."

Depuis longtemps, l'Absym préconise une politique de tolérance zéro pour toute forme d'agression à l'encontre des prestataires de soins de santé. "Le problème de la sécurité des médecins et des autres prestataires de soins mérite la plus haute priorité de l'agenda politique. L'Absym demande une concertation urgente avec la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden. Il va de soi que nous mettons tout notre savoir-faire à disposition pour élaborer les mesures de protection les plus appropriées", conclut Johan Blanckaert.

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