Traite d'êtres humains sur un chantier à Anvers : les victimes présumées organisent une action pour se faire entendre

Selon l'avocat des victimes, "après deux mois, il n'y a toujours pas de solution".

Belga
Au moins 138 travailleurs pour Irem (le sous-traitant italien de Borealis) au chantier naval de Kallo ont déjà été reconnus comme victimes de la traite des êtres humains.
Au moins 138 travailleurs pour Irem (le sous-traitant italien de Borealis) au chantier naval de Kallo ont déjà été reconnus comme victimes de la traite des êtres humains. ©BELGA

Les travailleurs turcs et bengalis qui étaient actifs sur le site de Borealis organiseront une grande action devant le cabinet de la ministre flamande du bien-être, Hilde Crevits, vendredi à 11 heures. Selon l'avocat des victimes, Jan Buelens, le gouvernement ne remplit pas ses obligations. "Une délégation des militants sera reçue à Bruxelles par le cabinet", rapporte l'avocat des travailleurs Jan Buelens. "Après deux mois, il n'y a toujours pas de solution pour toutes les victimes de la traite des êtres humains qui travaillaient pour Irem (le sous-traitant italien de Borealis, ndlr) au chantier naval de Kallo."

Selon M. Buelens, les soudeurs et les tuyauteurs ont été attirés dans notre pays par de fausses promesses, n'ont pas reçu de copie de leur contrat de travail et ont gagné beaucoup moins que le salaire minimum. Enfin, selon l'avocat, ils étaient logés dans des conditions dégradantes.

"Borealis était au courant des malversations depuis avril, mais ce n'est que sous la pression des médias que la société a rompu le contrat avec Irem à la fin du mois de juillet", a déclaré M. Buelens. "Les travailleurs n'ont plus été payés du tout à partir de ce moment-là."

Pas de résultat tangible

Au moins 138 travailleurs ont déjà été reconnus comme victimes de la traite des êtres humains. Outre les Philippins et les Bangladais, des Turcs et des Ukrainiens travaillaient sur le chantier. Il s'agit du plus grand cas de traite des êtres humains et d'exploitation économique en Belgique.

"Malgré cette reconnaissance, le gouvernement n'a pas engagé la procédure correspondante", note M. Buelens. "En conséquence, les travailleurs n'ont pas de permis de séjour, pas d'emploi et pas d'abri ou de conseil. En tant que victimes reconnues de la traite des êtres humains, le gouvernement est tenu d'engager la procédure. Pourtant, les gouvernements ne donnent pas le moindre signe de vie."

Le 9 septembre, les dernières consultations dans cette affaire ont eu lieu. "Il n'y a pas eu de résultat tangible", conclut M. Buelens. "Le représentant du ministre flamand du bien-être, le ministre Crevits, était même absent de cette consultation."

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