Procès des attentats de Bruxelles: Salah Abdeslam bien présent, un autre accusé refuse de se lever

Journée importante ce mercredi au Justitia avec l'ouverture du procès des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016. Le fil des événements ci-dessous.

Chairwoman of the court Laurence Massart (C) pictured during the composition of the jury for the trial of the attacks of March 22, 2016, at the Brussels-Capital Assizes Court, Wednesday 30 November 2022 at the Justitia site in Haren, Brussels. On March 22 2016, 32 people were killed and 324 got injured in suicide bombings at Zaventem national airport and Maalbeek/ Maelbeek metro station, which were claimed by ISIL. 
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La présidente de la cour Laurence Massart photographiée lors de la composition du jury pour le procès des attentats du 22 mars 2016

13h00 : Le rire de la présidente Laurence Massart

Selon le journaliste Emmanuel Huet, "les arguments des candidats-jurés font sourire et même rire. L’ambiance de cette audience est en décalage avec la nature des faits qui vont être jugés. La légèreté de certaines excuses fait même sourire les accusés".

La présidente de ce procès, Laurence Massart, se montre critique envers les excuses, et en recale un nombre important, forçant les candidats-jurés à rester. Face au juré numéro 50, qui pensait que chacun pouvait décider de faire partie ou non du jury, Mme Massart a même ri aux éclats, précise le Nieuwsblad. Au numéro 52, qui déclarait ne pas bien parler français, elle a rétorqué que "le jury doit avant tout écouter."

12h30 : Environ un tiers des candidats-jurés entendus, une quarantaine de dispenses accordées

A la mi-journée, deux heures et demi après le début de la séance, environ un tiers des 1.000 citoyens sélectionnés pour faire partie du jury de la cour d'assises ont pu présenter, s'ils le souhaitaient, leurs arguments en faveur d'une dispense. La présidente avait déjà accordé 339 dispenses avant l'audience. En matinée, une quarantaine d'autres ont été accordées, pour plus de 50 refus. Certaines décisions restent en suspens dans l'attente d'attestations. Les demandes de dispense reprendront à 13h45. Plusieurs travailleurs de la Stib ont été dispensés mercredi, leur employeur étant partie civile au procès. D'autres citoyens l'ont été car ils sont proches de parties civiles ou d'avocats de la défense, car leur conjoint est un policier intervenu à la station de métro Maelbeek le jour des faits, parce qu'ils ont été témoins indirects des faits ou encore parce qu'ils avaient déjà été dispensés une première fois mais n'avaient pas fait de nouvelle demande après le report du procès. Quelques dispenses ont été accordées pour certificat médical ou attestation de voyage déjà réservé et payé. Enfin, l'athlète Kevin Borlée a été dispensé de ce rôle citoyen en raison de sa notoriété (lire plus bas), tout comme le directeur général du Sénat en raison de la citation de l'Etat belge dans le procès.

Parmi les nombreuses tentatives non concluantes, beaucoup ont abordé des raisons d'organisation personnelle (garde d'enfants, longueur des trajets, ...) ou professionnelle (risque de passer à côté d'une promotion au travail, crainte d'une faillite vu le peu d'employés,...). D'autres ont avancé des raisons de santé, mais n'ont pas pu produire les preuves nécessaires à la cour. Certains ont tenté d'échapper à la responsabilité de juger les accusés en affirmant avoir déjà leur opinion; l'ensemble de la défense et le ministère public auront droit à 18 récusations chacun après le tirage au sort. La cour pourra aussi récuser des candidats si la parité hommes et femmes n'est pas atteinte.

Sur le millier de personnes convoquées, la présidente avait déjà accordé 339 dispenses avant l'audience de composition du jury.

11h30 : Kevin Borlée dispensé de faire partie du jury au procès des attentats

L'athlète Kevin Borlée s'est présenté mercredi matin devant la cour d'assises de Bruxelles dans le cadre du procès des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016. Il y avait en effet été convoqué en tant que candidat-juré. La présidente de la cour, Laurence Massart, l'a cependant dispensé "et pas pour des raisons médicales, vous vous en doutez bien", a-t-elle commenté. Depuis 10h20, la cour a entamé l'appel des demandes de dispense. De nombreuses personnes invoquent ne pas pouvoir siéger durant de nombreux mois pour raison familiale ou professionnelle. La présidente de la cour refuse cependant la plupart du temps d'accéder à leurs requêtes.

D'autres demandes de récusation sont par contre acceptées pour raisons médicales ou pour un lien de proximité trop important avec les faits.

<p>Croquis d’audience réalisé le 12 septembre 2022 à Bruxelles montrant Salah Abdeslam, l’un des neuf accusés du procès des attentats jihadistes de 2016 à Bruxelles</p>
Croquis d’audience réalisé le 12 septembre 2022 à Bruxelles montrant Salah Abdeslam, l’un des neuf accusés du procès des attentats djihadistes de 2016 à Bruxelles ©AFP/Archives

11h : Salah Abdeslam bien présent, un autre accusé refuse de se lever

"Abdeslam Salah, 33 ans, électromécanicien". Le procès des attentats s'est ouvert mercredi en présence du djihadiste français déjà condamné à la perpétuité incompressible en France pour les attaques du 13 novembre 2015 à Paris.

Salah Abdeslam, barbe fournie et gros pull foncé, s'est contenté de décliner son identité à la demande de la présidente de la cour d'assises, lorsque l'audience s'est ouverte peu après 09H45.

Un seul accusé, le Suédois d'origine syrienne Osama Krayem, a refusé de se lever lors de l'appel et de prononcer le moindre mot à l'adresse de la cour.

Ils sont neuf accusés à ce procès, sept dans le box et deux comparaissant libres. Un dixième homme, Oussama Atar, est jugé par défaut car présumé mort en Syrie.

10h : Les avocats satisfaits que le procès des attentats puisse enfin vraiment commencer

Les avocats des accusés comme des parties civiles se montraient satisfaits mercredi matin à leur arrivée au Justitia, à Haren, pour l'audience de composition du jury populaire dans le cadre du procès devant la cour d'assises des attentats de Bruxelles commis en mars 2016. Les différentes équipes d'avocats de la défense se sont entendues pour avoir droit chacun à deux récusations de candidats-jurés. "Finalement, ça commence!", a ainsi lancé Jonathan De Taye, avocat de Ali El Haddad Asufi, qualifiant cette journée d'"énième étape", mais d'"étape importante", dans le travail de défense de son client, lui qui était également poursuivi devant la cour d'assises de Paris.

Il se dit par contre satisfait qu'il revienne à un jury populaire le soin de juger les accusés. "Et je serai encore plus content si cela va jusqu'au bout", glisse-t-il.

Qualifiant le tirage au sort des jurés de "vogelpick", Adrien Masset, avocat de parties civiles, représentant l'association de victimes V-Europe, espère que l'on aboutira à un jury populaire "attentif" et à même de "supporter cette épreuve". Il estime toutefois que l'impact d'un procès aussi long et difficile sur les personnes concernées, y compris les jurés, n'a pas été suffisamment étudié.

Lawyers Delphine Paci, Gabie-Ange Mindana and Nicolas Cohen pictured during the composition of the jury for the trial of the attacks of March 22, 2016, at the Brussels-Capital Assizes Court, Wednesday 30 November 2022 at the Justitia site in Haren, Brussels. On March 22 2016, 32 people were killed and 324 got injured in suicide bombings at Zaventem national airport and Maalbeek/ Maelbeek metro station, which were claimed by ISIL. 
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Les avocats Delphine Paci, Gabie-Ange Mindana et Nicolas Cohen photographiés lors de la composition du jury pour le procès des attentats du 22 mars 2016

Anthony Mallego, l'avocat de Sébastien Bellin, un ancien basketteur professionnel qui avait été blessé lors de l'attaque à l'aéroport de Bruxelles, s'attend d'ores et déjà à une longue audience de composition du jury, vu que quelque 700 candidats-jurés sont censés être présents mercredi matin. Il dit avoir toute confiance que l'on pourra aller jusqu'à la fin du procès avec un jury complet.

"Nous craignons tous qu'il n'y ait pas assez de jurés pour un procès qui va durer si longtemps", a mis en garde Sébastien Courtoy, l'avocat de Smail Farisi, mercredi, à son arrivée au tribunal.

La question de savoir si les 36 jurés qui seront tirés au sort seront suffisants apparaîtra clairement dans les mois à venir, selon M. Courtoy. "Tout le monde a peur qu'il n'y en ait pas assez. Vous ne pouvez en perdre que 24, si vous avez un virus de la grippe ou le Covid par exemple, et ça va être intense ici. Normalement, ça devrait marcher, mais je ne suis pas vraiment à l'aise", a-t-il confié.

"Les conditions sont enfin réunies pour un procès équitable", a pointé, de son côté, Stanislas Eskenazi, l'avocat de Mohamed Abrini, surnommé "l'homme au chapeau" lors de l'attaque à l'aéroport de Bruxelles. Il faisait ici référence au nouveau box des accusés, dont la construction a nécessité le report du début des débats de près de deux mois.

De nombreux avocats de la défense notaient d'ailleurs que le box en question, dont ils n'ont vu que des photos jusqu'à présent, était un "copier-coller" de celui ayant servi lors du procès des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. "C'est mieux que ce que nous avions avant", commente Xavier Carette, avocat de Ibrahim Farisi, qui, comme son frère Smail Farisi, comparait libre au procès.

"C'est ce qu'il aurait fallu faire dès le début. Le précédent était une aberration et nous avons été ridicules", a fustigé Me De Taye. "Maintenant, il est là et il faut aller de l'avant", a-t-il conclu.

Salah Abdeslam's Lawyer Delphine Paci sits in the courtroom at the Justitia building in Brussels on November 30, 2022, ahead of the trial against the nine alleged jihadists accused of taking part in the March 2016 suicide bombings. - Belgium's worst peacetime massacre left 32 dead and hundreds marked for life. Now, six and a half years later, Brussels will host its biggest ever criminal trial. (Photo by Stephanie LECOCQ / POOL / AFP)
L'avocate de Salah Abdeslam, Delphine Paci, est assise dans la salle d'audience du bâtiment Justitia à Bruxelles, le 30 novembre 2022

9h45 : La cour d'assises entame sa longue rencontre avec les candidats-jurés

L'audience de composition du jury d'assises pour le procès des attentats de Bruxelles a débuté mercredi sur le coup de 9h45 au Justitia. Sur les 1.000 citoyens convoqués pour en faire partie, environ 300 d'entre eux avaient déjà obtenu une dispense au préalable. La cour peut encore en dispenser d'autres ce mercredi. C'est la présidente qui octroiera ou non cette faveur, après avoir entendu les arguments de chaque personne qui sollicite d'être exemptée de ce devoir citoyen.

Une fois la question des dispenses réglée, la cour procédera au tirage au sort en lui-même. L'ensemble de la défense et le ministère public auront droit à 18 récusations chacun. La cour peut aussi récuser des candidats si la parité hommes et femmes n'est pas atteinte.

Dès que le jury sera formé, les jurés prêteront serment et quelques mots d'explication au sujet de leur mission leur seront adressés par la présidente. L'audience sera ensuite levée et toutes les parties ainsi que les jurés se retrouveront le 5 décembre à 09h00 pour entamer les débats.

9h : Entre angoisse et curiosité, les candidats-jurés sont arrivés au Justitia

En dépit des longues files qui s'étaient formées mercredi matin pour atteindre le Justitia, des centaines de candidats-jurés arrivaient en début de matinée pour assister au tirage au sort qui définira peut-être leur vie ces prochains mois.

De longues files pour rejoindre le Justitia
De longues files pour rejoindre le Justitia ©BELGA

Femmes, hommes, jeunes, expérimentés, parfois boitant ou encore accompagnée d'une poussette, des centaines de candidats-jurés au procès des attentats de Bruxelles se sont présentés mercredi devant la cour d'assises. Certains se sont déclaré angoissés ou "excités", d'autres ont annoncé souhaiter être sélectionnés pour "l'expérience enrichissante" que peut représenter un procès en tant que juré.

Certains autres disaient appréhender les images choquantes auxquelles ils pourraient être confrontés ou la longueur du procès et espéraient dès lors pouvoir être dispensés.

Les candidats-jurés et parties civiles n'étaient pas les seuls à arpenter les couloirs de l'ancien site de l'Otan, puisque certains curieux ont également décidé de suivre le procès en personne, dans le public.

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