Accidents de la route : l’AWSR donne la parole aux victimes

Chaque jour, plus de 100 personnes sont tuées ou gravement blessées dans un accident de la route.

Les accidents de la route causent, chaque jour, des blessures chez une centaine d'automobilistes.
Les accidents de la route causent, chaque jour, des blessures chez une centaine d'automobilistes. ©Natelhoff

Alors que la campagne Bob de cet hiver n’en est encore qu’à ses prémices et que des dizaines de permis ont déjà été retirés en raison de l’alcoolémie de leur propriétaire, l’Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR) vient de lancer sa nouvelle campagne, dans laquelle elle donne la parole aux victimes, directes ou indirectes, de la route.

Chaque jour en Belgique, une centaine d’accidents générant des blessures, allant parfois jusqu’au décès d’un des usagers impliqués, sont recensées en Belgique. Sur l’ensemble de l’année dernière, 41.579 personnes ont été blessées et 516 tuées lors d’un accident, selon les chiffres de l’Institut Vias.

”À chacun de nos déplacements sur les routes, on est loin de penser que l’on prend un risque, indique l’AWSR. Forcément, on maîtrise la situation, ce trajet, on l’a déjà fait tant de fois ! C’est bien là le principe de l’accident, imprévu, inopiné et qui survient en quelques secondes. Et sur les routes, il est particulièrement lourd de conséquences. Les effets qui s’ensuivent sont en effet souvent permanents, même lorsqu’ils ne se voient pas. Le deuil d’un proche, les séquelles physiques et psychologiques, la culpabilité sont ces conséquences concrètes des accidents de la route qui affectent durablement 200 personnes chaque semaine en Wallonie, et bien plus encore en considérant leurs proches.”

"Si je ne m'étais pas obligée à me laver après la disparition de Joachim, je ne me serais pas lavée."

Pour davantage sensibiliser les usagers de la route à la sécurité routière, l’AWSR donne la parole aux victimes de ces accidents. Parmi elles, figure Carine, renversée par un véhicule en 2020 alors qu’elle était piétonne et qui garde encore aujourd’hui des séquelles physiques importantes : elle éprouve de grandes difficultés à marcher et ne peut plus utiliser son bras droit. “Quand je suis rentrée de l’hôpital, j’interdisais mon compagnon de rentrer dans la salle de bain, explique-t-elle aujourd’hui, les sanglots dans la voix. Et puis, un beau jour, je lui ai demandé ce qu’il comptait faire. Tu comptes continuer de vivre avec moi ?”

Rose-Marie, elle, a perdu son fils Joachim en septembre 2018, percuté par un conducteur alcoolisé et en excès de vitesse. “Si je ne m’étais pas obligée à me laver, je ne me serais pas lavée, explique-t-elle aujourd’hui pour indiquer dans quel niveau de détresse psychologique elle se trouvait après la disparition de son fils.”

Enfin, l’AWSR donne aussi la parole à Martin. Après avoir repris la route sous influence de la boisson, il a perdu le contrôle de son véhicule, est parti en embardée et est venu percuter de plein fouet le silo d’une ferme qui s’écroulera sur sa voiture. Après plusieurs jours de coma, il a dû réapprendre des gestes simples de la vie quotidienne comme manger, parler ou marcher. Près de 6 ans après son accident, il garde d’importantes séquelles de son traumatisme crânien qui ont changé sa vie à jamais. “C’étais à moi à penser “Non, il ne faut pas que je reprenne le volant”, confie-t-il. Ce n’est pas aux autres à penser pour moi. Je n’ai pas respecté ça. C’est de ma faute. À 100 % de ma faute. J’étais un bon pilote sur la console. Mais pas dans la réalité.

Les spots vidéos seront diffusés sur les réseaux sociaux ainsi que sur les chaînes de télé, durant les fêtes de fin d’année. “Leurs mots sont forts et sans détour mais les images sont douces. On ne parle pratiquement pas de l’accident mais de la vie d’après qui ne sera plus jamais la même.”

Après deux années de crise sanitaire marquées par une diminution importante du nombre de victimes de la route, en grande partie liée aux restrictions et à la baisse du trafic, les chiffres sont repartis à la hausse cette année. Les festivals, soirées en boîte de nuit et grands rassemblements en famille ont repris. Pour l’AWSR, il est temps de rappeler que les accidents de la route, ça n’arrive pas qu’aux autres. “La tendance à la hausse est donc particulièrement marquée pour les accidents liés à l’alcool, et les fêtes de fin d’année risquent de ne pas être épargnées. “

Chaque année en Wallonie, alors que l’alcool est mêlé à 1 accident corporel sur 6 en moyenne (15 %), cette proportion passe à 1 sur 5 à Noël (± 20 %) pour culminer à plus de 1 sur 3 le jour de l’an (± 33 %), soit 2 fois plus que la moyenne. ” À la veille des fêtes de fin d’année, il est essentiel de sensibiliser les Wallons à la sécurité routière et tout particulièrement aux risques de l’alcool au volant, rappelle la ministre wallonne de la Sécurité routière, Valérie De Bue. Cette période festive nous rappelle également à quel point nous tenons à nos proches et combien il est important de tout mettre en œuvre pour se prémunir de tels drames. A travers les histoires de Rose-Marie, Carine et Martin, c’est un message de prudence que cette nouvelle campagne de sensibilisation transmet. Parce que cela n’arrive pas qu’aux autres et surtout, pour que cela n’arrive pas aux autres.”

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