Attentats de Bruxelles: Sofien Ayari, l'homme mystérieux chargé de faire les courses pour la planque de la rue du Dries

L'accusé Sofien Ayari était celui qui était chargé d'aller faire les courses pour les suspects vivant dans la planque de la rue du Dries, à Forest, où a eu lieu une fusillade le 15 mars 2016.

Celle-ci avait précipité, quelques jours plus tard, les attentats du 22 mars. Selon les éléments expliqués par les enquêteurs mardi matin devant la cour d'assises, il se dissimulait derrière une casquette ou un bonnet et des lunettes. Les occupants de l'appartement en question étaient en outre discrets, d'après les voisins.

L'inspectrice de la section criminelle de la police judiciaire de Bruxelles qui avait entamé lundi après-midi son exposé de l'enquête scientifique et tactique débutée juste après la fusillade l'a poursuivi mardi matin. Pièce par pièce, objet après objet, entre traces de sang et empreintes de pas, elle est revenue sur l'inventaire minutieux réalisé par enquêteurs dans l'appartement du 1er étage. Outre des empreintes et de l'ADN des kamikazes de Bruxelles et de plusieurs accusés devant la cour d'assises pour les attentats du 22 mars 2016, les enquêteurs ont repéré des traces appartenant à plusieurs assaillants de Paris sur divers objets, comme des livres.

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Après une enquête de voisinage, notamment auprès des autres occupants du bâtiment de la rue du Dries, il est apparu que les suspects vivant dans l'appartement du 1er étage étaient plutôt discrets et qu'on les voyait peu en dehors de chez eux. D'après leurs voisins, c'était toujours la même personne qui sortait pour aller faire des courses. Elle portait une casquette ou un bonnet, une veste à capuche avec fourrure ainsi que des lunettes et se déplaçait avec un caddie à courses. Des images de vidéosurveillance d'une pharmacie située à proximité mettront en évidence qu'il s'agissait de Sofien Ayari.

Ce dernier et Salah Abdeslam étaient parvenus à prendre la fuite lors de la fusillade. Les deux accusés étaient alors allés se cacher rue des Quatre vents à Molenbeek-Saint-Jean, où ils seront interpellés le 18 mars dans l'après-midi.

Sofien Ayari sera entendu à trois reprises par les enquêteurs dans le cadre du dossier faisant suite à la fusillade. Lors des deux premières (le 19 avril 2016 et le 13 juillet 2016), il fera usage de son droit au silence sur ces faits. Mais, deux mois plus tard, le 13 septembre, il acceptera de parler.

Lors de cette audition, il confirmera que Mohamed Belkaid, l'homme qui avait ouvert le feu sur les policiers au moment de leur perquisition rue du Dries, avait été touché dans les échanges de tirs. Au moment où Salah Abdeslam et Sofien Ayari quittent l'appartement pour prendre la fuite, ce dernier voit que Mohamed Belkaid a été touché et qu'il perd du sang. Il n'était pas encore mort, raconte-t-il, mais son âme le quittait déjà et il n'était plus en état d'intervenir, se souviendra Sofien Ayari. L'accusé expliquera avoir fui parce que Salah Abdeslam et lui avaient paniqué car ils ne voulaient pas d'une nouvelle confrontation avec la police.

Sofien Ayari mettra finalement fin à cette audition après avoir appris que Mohamed Belkaid avait été en mesure de faire face à la seconde vague d'assaut des policiers, opérée par les unités spéciales. Très surpris de cette nouvelle, il ne souhaitera alors plus s'exprimer.

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