Le gouvernement français a mesuré l’ampleur des délits liés à l’immigration roumaine

PARIS Claude Guéant, ministre français de l’Intérieur, a, sans langue de bois, annoncé les dispositions pour lutter contre les délits liés à l’immigration clandestine roumaine. Non sans avoir fait grincer des dents les associations venant en aide aux jeunes Roumains, qui regrettent qu’on s’en prenne spécifiquement en terme de délinquance à une nationalité.

Les délits cités par le ministre Guéant s’articulent autour des vols, des cambriolages et du recel des métaux. Outre-Quiévrain, ils n’ont cessé de croître depuis fin 2010. Au menu de la répression ? Rapatriements des mineurs et investigations poussées pour remonter jusqu’aux chefs mafieux restés au pays.

Chez nous, le sujet est plus tabou, du côté de la police fédérale, et ceci pour éviter toute discrimination. Mais les faits sont là : la criminalité liée à des groupes d’auteurs itinérants, a été analysée, sur toute l’année 2010. Qui sont-ils au juste ? Ces bandes organisées proviennent en majorité des pays de l’Est. Leur mode opératoire a été observé dès la fin des années 90 : elles montrent surtout de l’intérêt pour l’argent et les biens qu’elles pouvaient écouler sur des marchés de recel illégaux et des marchés de seconde main.

Ainsi, on observe que la criminalité itinérante est constituée de 28 % de Roumains. Suivent ensuite les Serbes (7 %), les Bulgares : 6 % et les Lituaniens (6 %). “Ces groupes bougent de région en région et n’y travaillent pas. Ils sont actifs durant deux à trois semaines en Belgique puis vous les retrouvez en Allemagne ou aux Pays-Bas. Ils sont donc très difficiles à attraper” , décrypte Tine Hollevoet, porte-parole de la police fédérale.

En 2010, on remarque l’ascension fulgurante des faits de skimming : les chiffres ont doublé de 2009 (806 faits) à 2010 (1722). Le nombre de vols dans les chantiers a considérablement augmenté, avec 4073 faits comparé à 3431 en 2009. Quant aux vols à l’étalage et vols à la tire, en recrudescence, comme en France, ils se déroulent le plus souvent sur la voie publique et dans les transports en commun.



© La Dernière Heure 2011