Faits divers Quarante animaux vivaient dans un chalet. Tous sont sauvés sauf sept chiens.

Le 12 septembre, deux inspecteurs bénévoles, qui collaborent avec des refuges wallons, découvraient une quarantaine d’animaux dans un petit chalet d’un parc résidentiel de Hastière, près de Dinant. Il s’agissait majoritairement de chiens mais aussi de chats, d’oiseaux, de deux cobayes et d’un lapin.

Tous étaient nourris en suffisance mais étaient dans un état hygiénique pitoyable, couverts de puces et de croûtes. Pour certains, des vers sortaient de l’anus. Aucun animal n’était stérilisé. Un seul, un chien, était pucé. "Ils vivaient dans leurs excréments, explique Benoît, un des deux inspecteurs. Nous ne sommes pas mandatés officiellement. Tout ce que nous pouvons faire dans ces cas-là, c’est négocier dans l’urgence. Nous avons pu convaincre la propriétaire des lieux de signer un document manuscrit cédant la plupart de ces animaux à des refuges. Mais pour ses sept chihuahuas, ce n’était pas négociable. Il est vrai que nous nous trouvions dans un parc où un quart des habitants font de la reproduction de chihuahuas pour en revendre."

Le lendemain, des bénévoles de divers refuges viennent chercher les animaux cédés. Un fonctionnaire de l’Unité wallonne pour le Bien-être animal (UBEA) descend aussi sur place mais ne fait pas appel au parquet pour obtenir un mandat de saisie pour les sept chihuahuas. "Il s’est contenté de l’accord de cession que nous avions obtenu la veille."

Pour nos deux inspecteurs bénévoles, saisir ces chihuahuas, un mâle et six femelles, était pourtant nécessaire, ne fût-ce qu’à titre préventif.

Ils ne sont pas les seuls à raisonner ainsi. Patricia, une habitante de Hastière, a lancé une pétition sur le site mesopinions.com. Cette pétition cible la dame qui détenait tous ces animaux dans son chalet. Et elle ne fait pas dans la demi-mesure. Elle réclame "l’interdiction à vie de détenir des animaux pour cette tortionnaire".

En une dizaine de jours, cette pétition a déjà rassemblé près de 40 000 signataires. "Je demanderai au procureur du Roi de faire le nécessaire pour que cette femme ne puisse plus, à vie, détenir d’animal", annonce Patricia, pour qui les chihuahuas sont en danger.

Cette dame ainsi visée, c’est Nathalie. Celle-ci admet que tous ces animaux concentrés ainsi, cela posait problème. "Ils appartenaient à la personne que j’héberge depuis deux-trois ans, explique-t-elle. Je me suis sentie débordée par la situation, démunie. Je ne savais pas qui contacter. Hors de question de les revendre sur Facebook. On ne sait jamais comment ils seront traités. Appeler un refuge ? Non ! J’ai l’impression que là-bas, les animaux sont malheureux."

Reste à expliquer pourquoi Nathalie a accepté de céder tous ses animaux… sauf les chihuahuas. "Il est vrai que, dans ce parc résidentiel, beaucoup de personnes font de la reproduction pour la revente. Mais je suis la seule à ne pas faire ça, affirme-t-elle. Je les garde car ce sont des petites bêtes fragiles. Leur place n’est pas dans un refuge."

Ce vendredi, nous avons tenté d’obtenir des éclaircissements de la part de l’UBEA. Nos tentatives sont restées vaines…