En cause, leurs déclarations fiscales de 1997, 1998 et 1999

BRUXELLES Sur base de quelques coups de sonde, les Contributions directes pensent qu'il a été de pratique courante chez les gérants indépendants liés au Crédit Communal entre-temps devenu Dexia d'omettre de déclarer au fisc certains de leurs petits revenus liés aux activités de change de l'agence.

Ce ne sera plus le cas avec l'euro mais, sur chaque opération, l'agence prélève une commission que le gérant encode sur certains comptes spécifiques. Ces revenus sont soumis à imposition.

Récemment, le fisc s'est aperçu qu'au Crédit Communal ils n'étaient pas ou que très rarement déclarés. En clair, des gérants indépendants s'octroyaient un complément de salaire bien pratique et d'autant plus intéressant que le fisc n'en savait rien. Jusqu'au jour récent où il est tombé sur le pot aux roses...

L'affaire concerne 900 gérants d'agence certains à la tête de plusieurs agences sur l'ensemble du pays.

Examinés individuellement, les montants au noir peuvent paraître relativement dérisoires. Il est question de quelques milliers de francs par mois et par gérant.

C'est le principe des petits ruisseaux qui font les grandes rivières: multipliés par 900 et pour les exercices fiscaux de 1997, 1998 et 1999, c'est par dizaines voire centaines de millions que le Trésor public évalue les revenus qui auraient échappé à l'impôt direct.

L'affaire ne concerne donc pas Dexia comme tel, mais bien ses agents indépendants et les déclarations fiscales personnelles rentrées par ceux-ci.

Il était trop tard, hier soir, pour contacter le service de presse de Dexia. Mais un confrère néerlandophone y était parvenu et avait obtenu confirmation de l'information, étant bien entendu qu'a priori la banque ne s'estime pas concernée par ces contrôles approfondis et qu'elle ne pourra que laisser à ses indépendants le soin de régler eux-mêmes et au cas par cas d'éventuels litiges avec l'administration.

Administration fiscale qui a bien l'intention d'aller jusqu'au bout des procédures entamées.