Condamné à dix ans dans l'affaire du Cries, Claude Drieghe n'a jamais purgé cette peine

BRUXELLES Le tribunal correctionnel a vu s'affronter hier le procureur fédéral, Christophe Caliman, qui avait déployé les grands moyens, avec les avocats de la défense, Mes Marc Uyttendaele et Laurent Kennes.

Claude Drieghe, 63 ans, est hélas un habitué de la chambre des mœurs, puisque en 1988, quand il fut définitivement condamné à dix ans de prison ferme dans l'affaire du Cries, il était déjà récidiviste. Ce dossier du Centre de recherche et d'information sur l'enfance et la sexualité est décidément une autoroute marquée de pierres blanches pour tout ce qui touche à la pédophilie.

Drieghe refait donc surface, vingt ans plus tard, comme l'ont fait d'autres condamnés de ce procès qui avait révélé qu'un employé de l'Unicef à Bruxelles constituait, dans les locaux de l'organisation onusienne, des albums avec des photos de mineurs en détresse qui étaient loués sur catalogue.

Mais Drieghe s'en était tiré à bon compte, puisque libéré en préventive, il avait fui en Thaïlande. Il ne devra plus jamais purger cette peine de dix ans, pour cause de prescription. Et c'est pour des faits présumés commis en Thaïlande qu'il comparaît à nouveau.

Selon le procureur, Drieghe participait à la gestion de bordels où des gosses étaient prostitués. Le magistrat a recensé une quarantaine de victimes et a requis dix ans de prison ferme.

Selon Mes Kennes et Uyttendaele, le prévenu a changé radicalement depuis vingt ans, et les rares conseils qu'il a prodigués pour la comptabilité des établissements suspects ne suffisent pas à établir les préventions. Jugement dans un mois.



© La Dernière Heure 2009