Pour la première fois, plusieurs enquêteurs de la DR3 sortent du silence !

Tenus au secret professionnel, les enquêteurs de l’antiterrorisme de la PJF de Bruxelles ne s’expriment jamais dans la presse.

Excédés, plusieurs membres de cette unité, surnommée la DR3, ont toutefois décidé de sortir du silence pour exprimer leur colère et leur tristesse face à des déclarations jugées terriblement blessantes à leur encontre.

Des propos publiés la semaine dernière faisaient état de racisme au sein de la DR3. Il y était question de déclarations selon lesquelles au sein de cette unité, les policiers d’origine étrangère seraient mal considérés et pas pris au sérieux. Il y est même rapporté qu’un des membres de l’unité n’aurait pas hésité à exhiber un t-shirt affichant une croix gammée.

De quoi faire bondir plusieurs enquêteurs d’origine étrangère appartenant à la DR3. Nous en avons rencontré cinq. Ils sont unanimes pour dire qu’il n’y a pas de racisme au sein de l’antiterrorisme de la PJF de Bruxelles.

Tous ont tenu à s’exprimer, sans être passé préalablement par l’accord de leur hiérarchie. Une hiérarchie qu’ils tiennent justement à défendre. "Nous sommes tous d’accord au sein de notre équipe pour dire que jamais, à aucun moment, nous n’avons vu un membre de l’équipe afficher une croix gammée. Jamais, nous n’avons été victime de comportements racistes. Que du contraire ! Si un policier avait vu une croix gammée, il aurait dû immédiatement rédiger un procès-verbal. Où sont les P.-V. attestant ces déclarations ? Dans quel but ces déclarations sont-elles faites aujourd’hui ? Si c’est pour jeter le doute sur notre équipe, c’est le contraire qui se produit, nous sommes plus unis que jamais."

Ce que dénoncent également ces policiers, c’est la manière dont le comité P enquête sur cette affaire de racisme. "Ils n’ont interrogé que des gens qui ont quitté la DR3 pour d’autres motifs que purement professionnels. Aucun enquêteur d’origine étrangère n’a été questionné par le comité P pour vérifier si ce climat soi-disant raciste était réel ou non", s’exclame un des policiers, ajoutant que de telles déclarations font peur à de futurs candidats à la DR3. "Plusieurs nous ont contactés parce qu’ils craignent d’être victime de racisme en arrivant chez nous. Mais c’est totalement faux. Au contraire, nos origines sont utilisées comme des avantages dans le cadre de notre travail sans pour autant que cela ne devienne de la discrimination positive."

Et ces enquêteurs de citer des exemples prouvant la bonne entente qui règne dans ce service. "C’est une unité multiculturelle. Nous sommes tous soudés. Nous avons travaillé dur après le 22 mars. Bosser pendant plus de 52 heures sans se poser une seule fois et voir ensuite la commissaire générale nous apporter le petit-déjeuner, cela nous a fait chaud au cœur", précise l’un d’entre eux, avouant avoir pleuré pour la toute première fois de sa carrière, en arrivant à Zaventem, le matin des attentats.

Une journée que ces enquêteurs ne vivent pas pour autant comme un échec mais plutôt comme une démonstration de leur force de travail. "Le projet de ces terroristes n’était pas d’agir en Belgique. Mais ils se sentaient tellement surveillés qu’ils ont précipité leurs actions. Ce qui prouve que nous étions tout près de les avoir."

Et quand on demande à tous ces hommes ce qui les motive à combattre les terroristes, malgré les conditions difficiles (salaire, manque de moyens, risques, etc.) dans lesquelles ils travaillent, tous répondent en chœur : "L’amour de notre pays !"

N.Ben.